Selon un sociologue, il existe un lien réel entre les prénoms des candidats et le taux de réussite au bac. Non, le patronyme n'influence pas directement sur les résultats. C'est l'origine sociale des bacheliers, parfois trahie par le prénom, qui vient jouer un rôle.

La réussite au bac est-elle inégale ? A en croire votre prénom, c'est bien possible. Depuis 2012, Baptiste Coulmont, sociologue et professeur à l'Université Paris-VIII, planche sur le « Projets Mentions ». Chaque année, il collecte les données publiées par les académies et classe les prénoms les plus courants chez les bacheliers selon le taux de mentions Très Bien obtenues à l'examen.

Inégalités sociales et réussite scolaire

Au total, plus d'un million et demi de résultats au bac général et technologique ont été collectés par le sociologue. Ils sont compilés en ligne dans un « nuage des prénoms » représentant les blazes les plus courants (200 au minimum) et le taux de mentions Très Bien récoltées. Ce visuel fait remarquer que les Joséphine, Diane, Jeanne ou Juliette ont de bien meilleurs résultats que les Cindy, Anissa, Océane ou Ophélie. Et chez les garçons, les Jean, Augustin et autres Théophile sont bien mieux récompensés que les Bryan, Dylan et Mohamed. 

Mais attention à ne pas mal interpréter ce graphique. Il ne montre pas que le prénom a une quelconque influence sur les résultats : les copies sont corrigées de manière anonyme. En réalité, ce travail vise à pointer le lien existant entre origine sociale et réussite scolaire. « Le prénom indique — de manière imparfaite et floue — l'origine sociale de celles et ceux qui le portent, et la réussite scolaire est, en partie, liée à cette origine sociale », explique Baptiste Coulmont sur son blog. 

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Ainsi, les élèves prétendument issus d'un milieu social favorable (Constance, Timothée, Joséphine...) bénéficieraient d'un cadre plus propice à la réussite dans les études que ceux dont l'origine est supposée populaire (Kelly, Sofiane, Jordan...). Le sociologue développe son idée, statistiques à la clé : « Parmi les élèves entrés en sixième en 1995, 71,7% des enfants d'enseignants ont finalement décroché en 2010 un bac général, 68,2% des enfants de cadres supérieurs, 20,1% des enfants d'ouvriers qualifiés, 13% des enfants d'ouvriers non qualifiés, et 9,2% des enfants d'inactifs. » 

Plus de mentions TB chez les filles

Le graphique montre aussi clairement qu'un taux élevé de mentions Très Bien concerne beaucoup plus souvent les filles que les garçons. Baptiste Coulmont l'explique par deux facteurs. D'une part, « les filles réussissant mieux que les garçons à l'école, elles reçoivent aussi, plus souvent que les garçons, des mentions TB ». Et d'autre part, « les prénoms des garçons choisis par les parents de “classes supérieures” sont peut-être moins socialement clivant que les prénoms de filles ».

Aucune crainte ou espérance particulière à avoir, donc. Ce n'est pas votre prénom qui décidera de votre réussite. Mais si vous visez une mention TB au bac, on vous conseille de ne pas trop tarder à réviser !