Le nouveau président de la République a fait de l’éducation son « combat premier ». Décryptage de son programme.

Elu président de la République française face à Marine Le Pen avec 66,1 % des voix, le dimanche 7 mai 2017, Emmanuel Macron a déclaré vouloir faire de l’éducation « le premier combat » de son quinquennat

Meilleur encadrement des élèves

Emmanuel Macron veut renforcer l’encadrement et l’orientation des élèves, notamment par la mise en place d’une scolarité individualisée : bilans personnalisés en début d’année de la maternelle au collège, puis parcours individualisés au collège et au lycée avec un effort fourni sur l’orientation des élèves

Afin de lutter contre la déperdition des savoirs, l’ancien ministre de l’économie propose également de créer des stages de remises à niveau, à la fin des vacances d’été, en primaire et au collège. Un dispositif qui existe déjà entre les classes de CM1 et CM2, mais aussi de CE1 et de Réseau d’éducation prioritaire (REP), pendant les vacances d’été et de printemps. 

Priorité aux zones prioritaires

S’il prévoit aussi de développer « l’individualisation des apprentissages » et le support numérique à l’école, Emmanuel Macron donne beaucoup d’importance à l’éducation prioritaire. Sa première mesure : diviser par deux le nombre d’élèves dans les classes de CP et CE1 en REP et REP+. Une promesse qui demande la création de 12 000 postes, dont la majeure partie (entre 6 000 et 10 000) devrait provenir des postes déjà créés sous le quinquennat de François Hollande. 

Les professeurs affectés en REP et REP+ seront plus expérimentés (minimum trois ans d’expérience) et toucheront une prime annuelle de 3 000 €.

Plus d’échanges avec les parents et la société

Le président élu prévoit dans son programme de donner plus d’importance à l’échange entre parents et professeurs. Il compte aussi impliquer à l’école des acteurs de la société civile à travers deux dispositifs : faire assurer les études dirigées et les soutiens à des étudiants et retraités bénévoles et « mobiliser, en maternelle, des jeunes engagés dans le cadre du service civique ».

Plus d’autonomie pour les établissements

Pendant sa campagne, Emmanuel Macron a insisté sur l’autonomie qu’il accordera aux établissements. Celle-ci s’adresse notamment aux écoles primaires et au collège. 

Il entend en réalité laisser aux communes le choix de sortir ou non de la réforme des rythmes scolaires, et donc de revenir à la semaine de 4 jours ou de rester sous la forme actuelle de 4,5 jours. 

De même, les collèges qui le souhaitent pourront eux-aussi revenir en partie sur la réforme du collège, ce qui induirait un retour des classes bilangues et des parcours européens.

Réforme du bac

Au-delà de ces ajustements, le programme éducation du nouveau président de la République comporte un réel changement : la réforme du bac. A partir de 2021, les candidats au baccalauréat ne passeront plus que quatre matières obligatoires à l’examen final. Le reste sera évalué sous forme de contrôle continu. 

Pour Emmanuel Macron, cela sera l’occasion de réorganiser le temps scolaire. Cette réforme sera aussi l’opportunité de réaliser des économies sur l’examen final, mais pose des interrogations quant à l’équité de l’évaluation, aujourd’hui préservée par l’anonymat des copies.

Renforcement de l’apprentissage

Comme presque tous les candidats à l’élection présidentielle, Emmanuel Macron a vanté les mérites de l’apprentissage, qu’il souhaite renforcer et promouvoir. En mars, il regrettait, devant le Medef, de voir l’apprentissage « cantonné dans les filières les plus techniques et manuelles ». 

Afin de généraliser la formation en alternance, il promet d’affecter l’intégralité de la taxe d’apprentissage à son financement. Les enseignants seront d’ailleurs parmi les premiers concernés, puisqu’il souhaite étendre la formation en alternance aux futurs enseignants dès leurs années de licence. 

Pour la sélection à l’université

Emmanuel Macron s’est peu prononcé sur l’enseignement supérieur. Il s’est toutefois déclaré favorable à une forme de sélection à l’université. Celle-ci passerait par l’affichage de prérequis à l’entrée de toutes les formations universitaires.

Le président s’est également positionné du côté de l’autonomie des universités : « La centralisation n’est ni possible, ni souhaitable, mais l’autonomie réelle se fait attendre. » Cette autonomie serait plus pédagogique que financière, puisqu’il n’a « pas pour projet » d’augmenter les frais de scolarité, tout en reconnaissant que sa position est « plus ouverte concernant sur les droits d’inscriptions des étudiants étrangers ».

Du côté d’APB, Emmanuel Macron prévoit un léger aménagement : publier les taux de réussite et les débouchés professionnels de chaque établissement, ainsi que les prérequis demandés dans les universités.

Enfin, s’il ne compte pas augmenter le budget alloué à l’enseignement supérieur, le nouveau président élu compte développer et encourager la recherche et l’innovation et accorder plus de moyes au financement de projets.