Moins de quatre ans après la fin de leurs études, les femmes sont deux fois plus sous-employées que les hommes.

D’après un rapport de l’Insee publié le 10 avril, les inégalités homme-femme persistent en matière d’emploi. Inactivité, temps partiel, salaire plus faible, les femmes ont beaucoup plus de difficultés à s’insérer que les hommes, et ce, malgré des études plus longues. 

Un taux d’emploi plus faible

En effet, en 2016, près de 41 % des femmes âgées de 15 à 29 ans avaient un emploi. Chez les hommes, ils étaient plus de 46 %. Au fil du temps, ce taux d’emploi évolue le plus souvent en faveur des hommes : dix ans après la fin de leurs études, huit hommes sur dix ont un emploi, alors que seules sept femmes sur dix travaillent.

Des difficultés d’insertion qui ne signifient pas pour autant que les femmes sont au chômage, au contraire. En moyenne, quel que soit leur niveau d’études, en cinq ans, les femmes ont passé moins de temps au chômage que les hommes (17 % contre 21 %).

13 % des femmes aimeraient travailler plus

Néanmoins, même lorsqu’elles trouvent du travail, leur situation reste beaucoup moins stable que celle des hommes. En 2016, 27,5 % des femmes de 15 à 29 ans exerçaient à temps partiel, alors que seuls 11 % des hommes étaient concernés. Un écart qui est même trois fois plus élevé chez les 25-29 ans : le temps partiel concerne 22,1 % des femmes contre 7,4 % des hommes.

Les femmes estiment également être davantage sous-employées que les hommes. Près de 13 % des femmes à temps partiel aimeraient travailler plus alors qu’ils sont moitié moins nombreux chez les hommes (6,3 %).

Une situation plus stable après cinq années d’expérience

Pour autant, cette instabilité est susceptible d’évoluer après cinq années d’expérience. Moins de quatre ans après la fin de leurs études, 37 % des femmes sont en CDD contre 33,9 % des hommes. Après cinq ans, elles sont pratiquement aussi nombreuses que les hommes à exercer un contrat à durée limitée (18,4 % et 17,9 %).

Une situation qui s’inverse même concernant les CDI. Si 58 % des femmes sont en CDI moins de quatre ans après la fin de leurs études, elles sont 74,6 % à en obtenir un au bout de cinq ans et même 82,4 % après onze années d’expérience. Quant aux hommes, s’ils parviennent plus rapidement à signer un CDI, seuls les trois quarts d’entre eux en ont un au bout de onze ans.

Un écart de salaire de plus de 400 €

Malgré ces perspectives de carrière plutôt favorables, le salaire reste toujours plus faible pour les femmes, quels que soient leur niveau d’études et leurs expériences. En effet, le salaire médian des femmes est de 1 500 € net par mois contre 1 840 € pour les hommes. Soit un écart de 19 %.

D’ailleurs, les inégalités ont tendance à se creuser de plus en plus au fur et à mesure de l’expérience professionnelle. Si les femmes gagnent en moyenne 6 % de moins que les hommes quatre ans après la fin de leurs études, l’écart passe ensuite à 22 % au bout de onze années d’expérience.