Une enquête du Crédoc publiée récemment révèle les nouveaux comportements de consommation des jeunes. Frappés par le chômage, ces derniers font preuve d'une imagination débordante pour assouvir leur désir de consommation à moindre coût. Panorama des astuces.

Baptisée "Les jeunes d'aujourd'hui : quelle société pour demain ?", l'enquête menée par le Centre de recherche pour l'étude et l'observatoire des conditions de vie (Crédoc) pointe les nouveaux comportements de ces jeunes contraints de composer avec la dimension chômage. En 2012, ils étaient 22,4 % des actifs de 18-24 ans à ne pas avoir d'emploi, contre 9,6 % de l'ensemble des actifs. A noter que les jeunes diplômés depuis moins d'un an voient leur taux de chômage passer à 39 %... Un chiffre conséquent qui démontre le niveau de précarité de la nouvelle génération d'entrants.

Hausse du niveau de précarité

Avant de parvenir à un emploi durable, les jeunes sont obligés de changer fréquemment d'employeur, cumulant les contrats précaires. En presque 15 ans, la part des 15-24 ans en CDI est ainsi passée de 60 à 50 %, quand la proportion de l'ensemble des salariés est restée stable, entre 76 % et 78 %. A ce jour, près d'un actif de moins de 30 ans sur six a un emploi précaire.

Parmi les constats alarmants, l'étude du Crédoc pointe du doigt le fossé des rémunérations entre générations. En effet, les niveaux de rémunérations des jeunes de 18-29 ans sont en moyenne plus faibles que ceux de leurs parents au même âge, alors que leur niveau moyen de diplôme a nettement augmenté. A cette hausse du niveau de précarité s'ajoute également l'augmentation significative des prix du logement. Selon le Credoc, le parc social accueille de moins en moins de jeunes souhaitant accéder à un logement autonome. Ainsi, les moins de 30 ans représentaient à peine 10 % des titulaires de contrats de location en 2009, contre près de 15 % en 2000.

Coupes budgétaires et système D

Cette baisse significative du niveau de vie des jeunes les contraint, par conséquent, à revoir leur budget et surtout à consommer différemment. Car la nouvelle génération est jugée plus consommatrice que les précédentes. Certains vont même jusqu'à restreindre les postes de base, comme l'alimentation et l'habillement, souligne le Crédoc. D'autres redoublent d'imagination et exploitent des canaux de consommation parallèles comme internet, le marché de l'occasion ou le hard discount.

Au final, la précarisation favoriserait l'émergence de nouveaux modes de consommation comme le covoiturage, la location, les achats groupés,... Dans les années à venir, il semblerait que ces nouvelles tendances deviennent de véritables habitudes de consommation, notamment sous l'effet d'internet, vecteur rêvé pour partager, louer ou encore donner une seconde vie aux objets.