D’après un sondage, neuf jeunes sur dix manquent de sommeil notamment à cause de l’utilisation prolongée des écrans juste avant de dormir.

Fatigue, somnolence, irritabilité, nervosité, inattention… Le manque de sommeil peut avoir de multiples conséquences sur le bien-être des jeunes. S’ils estiment avoir besoin de dormir 8 heures par jour, 88 % des étudiants et des jeunes travailleurs pensent manquer de sommeil, y compris le week-end. En cause : l’utilisation massive de plusieurs écrans avant de s’endormir.

83 % des jeunes utilisent leurs écrans le soir

En moyenne, les jeunes passent environ 1h30 dans leur lit avant de dormir. Que ce soit pour envoyer des sms, jouer à la console, regarder une série ou aller sur internet, plus de quatre jeunes sur cinq se servent en moyenne de trois écrans avant de dormir. Seulement 27 % d’entre eux préfèrent lire. 

Cette utilisation massive des écrans a de fortes conséquences sur le sommeil. En semaine, les jeunes éteignent la lumière 30 minutes plus tard et dorment aussi moins longtemps que ceux qui n’utilisent pas d’écrans (environ 36 minutes de moins). Le week-end, ils dorment encore plus tard et se réveillent également plus tard. Un quart des jeunes se réveille après 11 heures, contre en moyenne 7 heures pendant la semaine. Ces horaires décalés ont des impacts négatifs sur le rythme du sommeil. Impossible pour eux de récupérer correctement le week-end. 

Des nuits blanches récurrentes 

En plus des difficultés pour s’endormir (39 % contre 20 % pour ceux qui n’utilisent pas d’écrans), d’une plus grande somnolence durant la journée (37 % contre 25 %) et surtout d’un manque de sommeil plus important (88 % contre 73 %), les écrans provoquent des insomnies.

En effet, deux jeunes sur cinq affirment se réveiller au moins une fois par nuit pendant environ 58 minutes. Pour un jeune sur cinq, ces insomnies peuvent durer deux heures. Au final, 20 % des jeunes dorment seulement 5 heures. Ce sont majoritairement des lycéens ou des étudiants, ou des jeunes qui ont une activité professionnelle en plus de leurs études.

Soigner le mal par le mal ?

Pour lutter contre le manque de sommeil, les jeunes ont souvent recours à des méthodes encore plus néfastes. Un quart d’entre eux boivent du café, du thé ou des boissons énergisantes (28 %) ou vont sur les réseaux sociaux (25 %). C’est donc un véritable cercle vicieux puisque ces jeunes s’endorment plus tard et sont plus insomniaques que les autres. Quelques-uns (2 %) prennent même des somnifères ou des médicaments (11 %) pour dormir plus facilement.

D’autres solutions semblent tout de même fonctionner : 29 % font une sieste au moins une fois par semaine, dont 63 % pendant une heure minimum. Le sport serait aussi un excellent moyen pour mieux dormir. Deux tiers des jeunes pratiquent une activité physique. Ce qui leur permet de s’endormir plus vite et plus tôt. Mais aussi de se réveiller environ 25 minutes plus tôt. Et comme ils dorment mieux la semaine, ils dorment aussi moins longtemps le week-end. 

*Sondage réalisé par OpinionWay pour l’INSV sur un échantillon de 1 014 personnes âgées de 15 à 24 ans, du 13 au 28 décembre 2017 en France