Difficile de passer du lycée à la fac. Sans autonomie, quelques semaines suffisent pour mener au décrochage. Sophie Jequier, enseignante à l'université de Bordeaux, a pris l'habitude d'accompagner les néo-bacheliers dans leur préparation.

Le lycée, les horaires précises, les suivis des professeurs, l'encadrement. Difficile de s'en défaire lorsqu'on arrive à la fac. En première année d'université, le décrochage de certains étudiants s'explique parfois plus par leur difficulté à prendre le bon rythme que par leur niveau.

« Les bacheliers doivent comprendre qu'ils travaillent pour eux »

« En quelques mois, les élèves passent d'une structure très encadrée à une autre qui l'est plus ou moins et dont les demandes sont différentes », analyse Sophie Jequier, enseignante-chercheuse en physique à l'université de Bordeaux. Egalement vice-présidente d'Unisciel (l'université des sciences en ligne), elle est impliquée « depuis longtemps » dans l'accueil des néo-bacheliers à l'université.

Son crédo : la préparation à l'autonomie. A la fac, « les bacheliers doivent comprendre qu'ils travaillent pour eux ». Acquérir cette autonomie passe selon elle par l'organisation, dont la première étape est de « se renseigner sur le fonctionnement de l'université ». L'idée est que l'étudiant ne soit pas dépourvu lors de son premier jour à l'université. Savoir où se trouve l'administration, connaître les associations étudiantes, identifier la BU, les bâtiments et les structures d'aide... Avoir ces détails en tête permet de passer une première semaine plus sereine. Au-delà de l'université, elle conseille également de se renseigner sur les transports en communs. Bref, d'éviter toute mauvaise surprise.

Consulter les programmes

Même s'il est parfois difficile de s'y mettre, Sophie Jequier juge très important de jeter un œil aux programmes de sa future licence. Cela permet par exemple de connaître la bibliographie ou le matériel obligatoire et de se préparer à l'acquérir. Les associations d'étudiants et d'anciens élèves sont une grande source de conseil, voire de matériel à revendre.

Ces préparations concernent toutes les filières, même les plus encadrées comme les sciences, où « on a souvent le même volume en salle de cours qu'en terminale avec un travail régulier à faire en dehors ». Car ce n'est que le début. Entre la première et la troisième année de licence, le suivi se fait de moins en moins.

Ne pas hésiter à reprendre les cours de terminale

Une fois la rentrée passée, Sophie Jequier conseille de « ne pas retarder la mise au travail. Les premiers décrochages sont constatés au bout de six semaines et des premiers partiels. » Pas de temps à perdre. Les premières semaines, moins soutenues, servent souvent à reprendre les acquis du lycée. « La mise au travail est progressive, explique-t-elle, mais le rythme devient vite difficile à prendre et ceux qui ont déjà du retard auront du mal à le rattraper. » Aux étudiants de ne pas se laisser aller dans un « faux rythme », afin de franchir sereinement cette « marche un peu haute ».

Pour cela, une solution simple : « Reprendre ses cours de terminale juste avant la rentrée, pour ne pas être perdu. » Relire ses fiches de révision du bac est par exemple une bonne solution pour « solliciter ses acquis et se rafraîchir la mémoire ».