Trois bacheliers professionnels sur dix poursuivent des études supérieures. Un choix peu privilégié, qui compte pourtant des débouchés variés. Quelle formation choisir ? Quelles sont les chances de réussite dans ces cursus ? Le point sur la poursuite d'études après un bac pro.

Si le bac pro offre rapidement des possibilités d'emplois, les bacheliers ne se lancent pas tous dans la vie active, une fois diplômés. Certains, motivés par les études, peuvent en effet poursuivre par une formation post-bac, d'autant plus que les voies sont légions. Courtes ou longues, les études couvrent tous les secteurs, mais ne s'adressent pas au même profil...

Les études courtes

Le BTS

75,9 % des titulaires d'un bac pro qui décident de poursuivre leurs études s'orientent vers un BTS après l'obtention de leur diplôme, la moitié sous le statut d'apprenti. L'accès se fait alors sur dossier scolaire. Toutefois, les lycéens qui ont eu leur bac pro avec mention bien ou très bien sont admis de droit dans certains BTS.

Néanmoins, toutes les formations ne sont pas forcément concernées, car certaines ne sont pas accessibles à tous les bacheliers professionnels : le BTS Commerce international ouvert en priorité aux diplômés du bac STMG, les BTS Hôtellerie-restauration et Responsable d'hébergement (diplômés du bac Hôtelier) et les BTS des arts.

Les écoles spécialisées

Certaines écoles spécialisées en art, commerce ou comptabilité accueillent quelques rares bacheliers professionnels. Ce sont des établissements qui recrutent post-bac proposent une formation de deux ou trois ans. La sélection se fait sur contrôle des connaissances, en mathématiques, français, langues,...

D'autres formations - qui ne requièrent pas le bac - sont également accessibles : aide-soignant, auxiliaire de puériculture, moniteur-éducateur, aide médico-psychologique,... Mais attention aux dates d'inscription aux concours de ces établissements !

Le Diplôme des métiers d'art

Le diplôme des métiers d'art (DMA) en deux ans, est réservé aux étudiants titulaires d'un bac professionnel qui ont suivi une formation en artisanat et métiers d'art. Le DMA existe dans 12 spécialités parmi lesquelles arts de l'habitat, art du bijou et du joyau, costumier-réalisateur, horlogerie...

Attention : mieux vaut justifier d'un bon dossier car la sélection est importante. Les candidats sont effectivement sélectionnés suivant leurs notes, ainsi que sur leurs travaux personnels, notamment grâce à leur « book ». A noter que peu d'établissements proposent ce diplôme.

Les cursus agricoles

Les titulaires d'un bac pro dans le domaine de l'agriculture ou de l'agroalimentaire peuvent poursuivre leurs études afin d'affirmer et d'affiner leurs compétences dans des domaines divers et variés (comptabilité, vente, conseil, agroéquipement, aménagement...), très utiles pour exercer de nombreux métiers.

Pour ce faire, les candidats peuvent intégrer un brevet de technicien supérieur agricole (BTSA), qui se déroule en deux ans, puis poursuivre leur cursus scolaire en école ou à l'université. Les étudiants qui se lancent dans cette voie bénéficient à la sortie de leurs études d'un excellent taux d'insertion (90 %) grâce aux stages et au caractère très opérationnel de la formation.

Ils peuvent également préparer un certificat de spécialisation (CS), au sein d'un lycée agricole ou d'un CFA agricole, souvent en apprentissage.

Les formations complémentaires d'initiative locale (FCIL) et Mentions complémentaires (MC)

Les formations complémentaires d'initiative locale (FCIL) répondent, par définition, à des besoins locaux. Celles-ci ne fournissent pas de diplôme, mais des certifications ou des attestations permettant d'acquérir une qualification pointue dans un secteur. Ces cursus se déroulent au sein de lycées professionnels ou d'écoles privées. On trouve, par exemple, la FCIL Secrétariat médical (après un bac pro secrétariat) ou la FCIL Accueil et service de la clientèle anglophone (après un bac pro restauration). L'entrée se fait souvent après un entretien oral.

Les Mentions complémentaires (MC), quant à elles, permettent de se spécialiser en 1 an, en lycée professionnel ou en CFA par apprentissage. Il en existe une vingtaine parmi lesquelles la MC Sommellerie.

Les études longues

L'université

Les bacheliers professionnels peuvent poursuivre à l'université... à condition de s'accrocher ! En effet, la faculté est peu adaptée à leur profil. Et pour cause : les études universitaires sont très théoriques, contrairement à l'enseignement reçu en lycée professionnel. Seulement 7,8 % des bacheliers pro se lancent par conséquent dans un cursus universitaire. Certaines facs proposent ainsi des mises à niveau et des cursus préparatoires en licence.

Une autre voie d'accès est le BTS. En effet, ce diplôme en poche vous permet d'intégrer une licence pro... et donc de rester hautement employable !

Prépa Economique Commerciale, voie Professionnelle

Pour ceux qui envisagent d'entrer dans une grande école, il existe une solution : la classe préparatoire Economique Commerciale voie Professionnelle (ECP) de Strasbourg ou de Marseille. Les titulaires d'un bac pro peuvent parfaire leur niveau dans des disciplines générales (mathématiques, langues, français, philo,...), approfondir leurs connaissances, et s'entraîner aux concours pendant les trois années que dure le cursus.

Suite à cette classe prépa, les étudiants peuvent notamment se présenter aux concours des grandes écoles de commerce et de management comme n'importe quel autre candidat.

Dernière mise à jour : 13 janvier 2015