Alors que les jeunes manifestent contre le projet de loi Travail, un sondage va dans leur sens et montre qu'ils n'accordent pas une grande confiance en leur avenir. Seul un jeune sur deux est optimiste quant à son avenir sur 20 ans.

Alors que les mobilisations lycéennes et étudiantes pour le retrait du projet de loi sur le travail se répètent en France, un sondage réalisé pour La Fondation Auchan révèle que les jeunes expriment des inquiétudes quant à leur avenir.

Pour 8 jeunes sur 10, trouver un emploi est plus difficile qu'avant

Première appréhension des 18-25 ans : l'emploi. Plus de huit jeunes sur 10 (83 %) pensent qu'il leur sera plus difficile de trouver un travail qu'il y a 20 ans. Ils voient en outre le monde du travail comme un espace soumis à une forte concurrence : seuls 34 % d'entre eux considèrent que la solidarité fait partie du quotidien d'un lieu de travail. Pire, la moitié des jeunes pense que ces notions d'entraide vont être de moins en moins présentes dans la vie active.

Leur vision sur l'avenir n'est pas non plus très rassurante. 62 % des 18-25 ans sont optimistes pour l'année à venir. Un résultat moyen qui faiblit avec des projections sur du long terme : 56 % pour les 10 prochaines années et 50 % pour les 20 prochaines années. On note par ailleurs une réelle disparité en fonction du niveau d'études : 60 % des diplômés de bac+2 se projettent sur 10 ans, contre 49 % des interrogés ayant un niveau inférieur au bac.

Les auteurs de l'enquête ont également demandé aux jeunes les mots qui leur viennent à l'esprit à l'évocation de la jeunesse française en 2016. Résultat : le mot "chômage" est plus souvent cité que "avenir". Alors que c'est l'inverse pour l'échantillon national.

Les jeunes intégrés dans la société, mais moins dans le monde du travail

D'une manière générale, les jeunes ne se sentent pas exclus de la société, puisque 73 % des sondés se disent intégrés à celle-ci. En revanche, seuls 61 % disent trouver leur place dans le monde du travail. Un résultat moins élevé que dans les autres univers : école et université (74 %), réseaux sociaux (74 %), amis (81 %) et famille (87 %). 

Cela se ressent dans leur rapport au monde du travail : 53 % des jeunes accordent leur confiance à leur patron. Un score dans la lignée de la moyenne nationale (52 %). Ils sont en revanche plus nombreux que les autres générations à avoir confiance en les syndicats : 50 %, contre 31 % en moyenne.

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La mondialisation est bien perçue

Les jeunes ont également apporté un regard sur la mondialisation de l'économie, plutôt bien perçue. Ainsi, pour 45 % d'entre eux, elle est une « bonne chose » et pour 22 % n'est « ni une bonne ni une mauvaise chose ». Plus d'un sur sept (73 %) y voit même une occasion de voyager, et presque autant (67 %) pensent qu'elle est utile à de nouvelles rencontres. Pourtant, seuls 45 % pensent que la mondialisation peut aider dans la recherche d'un emploi.

Ce sondage a été réalisé en ligne, par Harris Interactive, du 3 au 10 mars 2016 auprès d'un échantillon de 600 jeunes entre 18 et 25 ans, et du 8 au 10 mars aurpès de 1 000 Français de 18 ans et plus.