Alors que sa disparition est programmée, la plateforme APB achève son œuvre sur un dernier exercice qui n’a pas plu aux jeunes.

APB ne s’est pas fait beaucoup d’amis en 2017. Selon un sondage du magazine L’Etudiant, 31 % des jeunes jugent la plateforme « injuste » et 27 % la trouvent carrément « angoissante ». Quant au qualificatif « opaque », il récolte 17 % des voix.

Portrait sombre malgré 90 % d’élèves satisfaits

Un tableau noir dépeint pour le site d’admission, d’autant que si 19,5 % des jeunes jugent quand même APB « pratique », ils ne sont que 4 % à la considérer comme « équitable ». Et plus les votants sont de récents utilisateurs, plus le portrait est amère : les bacheliers 2017 sont 34 % à juger le logiciel « injuste », et 28 % « angoissant ». 

Le constat parait d’autant plus sévère que la grande majorité des jeunes (90 %) a obtenu la formation de son choix grâce à APB. Dans le détail, 3 sur 4 (76 %) l’ont obtenu à l’issue de la première phase, 7 % après la deuxième phase, 10 % après la troisième et 6 % après la procédure complémentaire.

Les jeunes plutôt favorables aux prérequis

Suite aux problèmes rencontrés ces dernières années sur APB, notamment celui du tirage au sort, la ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation Frédérique Vidal a annoncé que la plateforme sera abandonnée dès 2018, pour laisser place à un nouveau logiciel, qui présentera un nouveau nom. Une concertation concernant son élaboration sera lancée prochainement, notamment avec les syndicats étudiants. 

Ceux-ci passent déjà du temps au ministère en cette rentrée, concernant le projet de l’exécutif à propos de l’enseignement supérieur. La question de la mise en place de prérequis à l’entrée de l’université est notamment posée. 

Alors que la Fage, comme l’Unef, s’opposent à toute forme de sélection à l’université, 45,2 % des jeunes interrogés par L’Etudiant se disent pour les prérequis, contre 17,5 % à être contre. Plus d’un tiers (36,7 %) ne sait pas encore quoi en penser.  

*Ce sondage a été menée en ligne, du 23 août au 4 septembre, auprès des lecteurs de l’Etudiant. Si 1 736 personnes y ont répondu, il peut toutefois ne pas être représentatif de la totalité de la population étudiante. En effet, les répondants sont très majoritairement des filles (76 %), bacheliers en 2017 (51 %) ou 2016 (51 %). De plus, les répondants sont à 43 % des bacheliers S et à 23,6 % des bacheliers ES, alors que ces filières représentaient respectivement, en 2017, 27,3 % et 17,2 % de l’effectif total de candidats aux bac.