Du niveau d'études aux métiers exercés, en passant par les raisons ayant entraîné l'inscription au cours en ligne massif et gratuit, voici le profil-type de l'utilisateur de MOOC, dressé à partir d'une enquête de l'Université de Pennsylvanie.

Les MOOC s'installent progressivement mais durablement dans la sphère de l'enseignement supérieur. Les raisons de ce succès sont relativement variées, allant de la gratuité de ces cours en ligne à leur accessibilité, en passant par leur grande diversité.

De son côté, l'Université de Pennsylvanie, aux Etats-Unis, a décidé de s'intéresser à un autre aspect de ce que l'on peut qualifier de "phénomène". "Les MOOC ont pris d'assaut l'enseignement supérieur. Il y a seulement trois ans, ils étaient une idée. Aujourd'hui, ils sont une industrie", précise ainsi le rapport dévoilé par l'université, qui dresse le portrait-robot complet des utilisateurs de ces cours en ligne gratuits et massifs. Pour ce faire, la faculté a interrogé pas moins de 35 000 personnes inscrites à l'un des 32 MOOC proposés par l'établissement universitaire sur la plateforme Coursera.

Des personnes diplômées essentiellement concernées

"Dans toutes les régions du monde, les étudiants qui suivent un MOOC ont atteint de très hauts niveaux d'enseignement", affirme tout d'abord le rapport de l'Université de Pennsylvanie.

83 % des personnes inscrites sont ainsi des étudiants ayant au moins un bac+2, 79,4 % disposent au moins d'un niveau bachelor ou bac+3, et plus de 44 % sont allés au-delà.

Autre élément intéressant de ce rapport : les utilisateurs de MOOC sont relativement jeunes puisque les moins de 30 ans représentent plus de 30 % des effectifs inscrits. A contrario, les plus de 60 ans ne représentent même pas 10 % des utilisateurs de cours en ligne massifs et gratuits. Par ailleurs, les hommes sont bien majoritaires : ils représentent près de 57 % des inscrits, contre "seulement" 41,3 pour les femmes.

Les salariés représentent plus de la moitié des utilisateurs

Les MOOC présentent quelques paradoxes. L'un d'entre eux, dévoilé par le rapport de l'université, est qu'une majorité des utilisateurs de ces cours en ligne massifs et gratuits ne sont pas des étudiants, mais des salariés à temps plein !

En effet, ces derniers représentent près de la moitié des utilisateurs, contre "seulement" 17,4 % pour les étudiants, tout niveau confondu. Le MOOC a donc en partie rempli ses objectifs, en étant accessible à tous, y compris les personnes n'ayant pas énormément de temps à consacrer à la formation et aux études.

Un bon point à nuancer, les travailleurs à temps partiel, les chômeurs et les retraités étant largement minoritaires. Bien que disposant davantage de temps, les employés à temps partiel ne représentent que 6,9 % des utilisateurs de MOOC, les retraités 6,8 % et les chômeurs 6,6 %...

Les différentes raisons poussant à l'inscription

De l'obtention de nouvelles compétences à l'acquisition de connaissances, les personnes s'inscrivent et participent à des cours en ligne massifs et gratuits pour des raisons diverses et variées. Mais deux grandes raisons ressortent, selon l'étude de l'Université de Pennsylvanie.

La première concerne la curiosité : plus de la moitié des inscrits à un MOOC participent pour cette raison, ainsi que pour le "fun"...

La seconde raison concerne l'obtention "de compétences spécifiques pour mieux faire son travail", affirment près de 44 % des répondants. Suivent ensuite divers motifs : "obtenir des compétences spécifiques pour avoir un nouveau poste" (17 % des utilisateurs de MOOC), "obtenir des connaissances pour obtenir mon diplôme" (13,2 %)...

Des résultats à prendre avec des pincettes

Le rapport de l'université de Pennsylvanie souligne que les "résultats diffèrent suivant le type de cours". "Par exemple, 74,6 % des répondants indiquent avoir suivi un cours en sciences humaines comme la poésie, la mythologie grecque ou les musiques du monde par curiosité, et seulement 11,9 % ont choisi de tels cours pour mieux faire leur travail.

A l'inverse, plus de la moitié des répondants (54,1 %) ont indiqué avoir suivi des cours en sciences sociales pour "obtenir des compétences pour mieux faire leur travail", quand la moitié les ont choisis par curiosité. De même, 39 % des étudiants ont sélectionné des cours en science, santé et mathématiques pour gagner des compétences pour mieux faire leur travail", détaille le document.

*Pour être éligible pour cette étude, il fallait s'être inscrit et avoir suivi au moins un MOOC sur les 32 proposés par l'université de Pennsylvanie sur Coursera. Les étudiants n'ont été contactés qu'une seule fois.