Meilleure orientation, accompagnement renforcé, amélioration de la vie étudiante, simplification d’APB, fin du tirage au sort et… sélection à l’université font partie des projets présentés ce matin dans le cadre du Plan étudiants.

La fin du tirage au sort à l’entrée de l’université conduira à la mise en place d’une forme de sélection dans les filières en tension. C’est l’une des principales informations à retenir de la présentation du « Plan étudiants » du gouvernement, ce lundi 30 octobre, par le Premier ministre Edouard Philippe, le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer et la ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal. 

Renforcer l’orientation dès le lycée

Très attendu, le projet de l’exécutif, élaboré suite à une concertation menée depuis juillet avec les acteurs du monde éducatif, repose sur un mot-clé principal : orientation. Dès le lycée, l’accompagnement des élèves dans le choix de leur parcours sera renforcé

Parmi les changements à noter, on retiendra la création de deux « semaines de l’orientation » pendant l’année de terminale, en décembre et en février, la nomination d’un deuxième professeur principal et le rôle accru du conseil de classe, qui formulera des recommandations d’orientation pour chaque élève et donnera un avis. 

L’accompagnement sera également renforcé, de manière physique à l’école comme en ligne, avec la mise en service de l’application monorientationenligne.fr qui permettra aux élèves d’échanger avec des conseillers d’orientation et des étudiants ambassadeurs.

Fin du tirage au sort dès 2018

Quelques changements seront remarqués sur la nouvelle plateforme APB « plus simple et plus transparente » : les vœux seront limités à 10 et ne seront plus classés, et les candidats auront la possibilité de demander une année de césure tout en conservant le statut d’étudiant. 

Sur cette plateforme, les universités auront désormais accès aux dossiers des candidats, et pourront donner trois réponses : « accepté », « accepté sous conditions » et, uniquement dans le cas des filières en tensions (droit, Staps, Paces et psycho), « refusé ».

Cette nouvelle méthodologie permettra d’officialiser la fin au tirage au sort, pratique que « pas une seule organisation, pas une seule personne n’a défendue » reconnaît Frédérique Vidal.

La sélection en tension

Dans les faits, si un étudiant « accepté sous condition » souhaite tout de même rejoindre la formation, il devra alors se soumettre à un stage de remise à niveau ou aura des cours renforcés dans certaines matières. Les dossiers « refusés » le seront « si une formation non sélective a plus de demandes que de places », précise Frédérique Vidal. Dans ces filières, les candidats seront choisis en fonction de « l’adéquation de leur profil et de leur parcours ». 

Une décision qui a tout d’une sélection, même si le Premier ministre s’en défend : « Je n’ai pas et je n’ai jamais eu peur du mot sélection, mais ce n’est pas ce que nous proposons aux étudiants. »

Des candidatures seront donc « priorisées », ce malgré un plan d’investissement de « plus d’un milliard d’euros sur tout le quinquennat », qui permettra d’augmenter les places dans les filières en tension. 

Des places en BTS seront également créées, dans l’idée d’accueillir plus de bacheliers professionnels. De même, les bacheliers technologiques devraient se voir réorienter prioritairement vers les DUT. 

Amélioration des conditions de vie étudiante

Enfin, conscient que la réussite universitaire ne dépend pas que de la pédagogie, le gouvernement souhaite améliorer la qualité de la vie étudiante. En plus des annonces déjà faites sur le logement, la cotisation sociale étudiante de 217 € sera supprimée et les étudiants seront rattachés au régime général

A la place, une contribution unique « vie étudiante » sera mise en place. D'un montant d'un peu plus de cent euros, celle-ci regroupera les droits à la médecine préventive, la contribution au Fonds de solidarité et de développement des initiatives étudiantes (FSDIE) et les cotisations aux activités sportives et culturelles dans les universités. Les étudiants boursiers en seront exonérés.

Au sujet des bourses, Frédérique Vidal a par ailleurs promis que tous les versements seront faits le 5 de chaque mois.