Aujourd’hui près de 740 000 lycéens se sont triturés les méninges sur les épreuves du bac de philosophie. Parmi eux, nous avons recueillis les impressions de Solène, Yasmine et Alyiah, et 24 heures avant le bac et à la sortie. État des lieux.

Solène, 17 ans, Terminale STI2S au lycée Charles De gaulle à Longperrier en banlieue parisienne. 14 de moyenne en philo. Admise en formation d’éducatrice spécialisée.

24h avant le bac : « Je n’aime pas trop la philo. Je ne suis pas trop dans la réflexion. J’ai révisé les notions de chaque chapitre pour les avoir en tête. Il y a beaucoup de sujets qui sont effrayants. J’aimerais bien tomber sur l’intérêt parce que c’est un peu ce qui se passe dans la vie de tous les jours. Je prendrai sûrement les questions par rapport au texte car c’est plus facile d’argumenter. Mais en philo, on ne peut jamais trop savoir ce qui nous attends ». 

Après le bac : « J’ai pris les questions en rapport avec l’essai de Montaigne sur le jugement. J’ai pris beaucoup de temps pour bien lire et relire le texte. Je n’avais jamais lu Montaigne et je voulais être sûre d’avoir bien tout compris. J’ai pris mon temps pour être bien concentrée. Finalement je n’ai pas été trop stressée. J’ai pris le temps de bien me relire à la fin. Finalement le plus impressionnant est de voir tous les surveillants. On se sent vraiment en situation d’examen ! Je ne me sens pas hyper confiante mais ça va quand même… On verra bien. »

Yasmine, 17 ans, Terminale L option Cinéma audiovisuel au Lycée Chanzy à Charlevilles-Mézières dans les Ardennes. 15 de moyenne en philo. Admise en licence d’histoire à Lille.

24h avant le bac : « La philo ce n’est pas ma matière préférée. Les dissertations sont compliquées. Il faut apprendre toutes les références et la correction des professeurs est aléatoire. Je n’ai pas révisé. Je sais que je prendrai le commentaire. Du coup l’épreuve ne m’inquiète pas. Je n’ai pas de sujet préféré mais j’espère juste que la thèse sera explicite ».

Après le bac : « Ce matin, j’ai regardé une vidéo dans laquelle on disait qu’il fallait mettre des références des cours de l’année… Et comme je n’avais pas appris mes cours cela m’a un peu inquiétée. Quand je suis arrivée au lycée, tout le monde était en stress et mes profs manifestaient devant mon lycée par rapport au nouveau bac. Une fois en classe, ça allait mieux. J’ai pris le commentaire sur Hegel et les Principes de la philosophie du droit où il traite des lois naturelles et des lois des hommes. C’était bien, c’était facile.  J’avais peur de ne pas comprendre le texte mais je pense que c’est bon. J’ai mis en opposition les lois naturelles et celles des hommes. J'ai l'impression que je suis satisfaite... En tout cas, je suis soulagée ».

Aliyah,  17 ans, Terminale L spécialité anglais approfondi au lycée Savary de Mauléon au Sables d’Olonne. Admise en licence LLCER d’anglais à Nantes.

24h avant le bac : « Les cours de philo se sont très mal passés cette année avec notre professeur. On n'a jamais vraiment trop eu de cours. On n’a même pas fini le programme. J’ai révisé avec internet en regardant des vidéos sur Youtube et en faisant des anabacs. Du coup c’était intéressant. J’ai bien aimé la chaîne antisèche. J’aimerais bien un sujet sur le bonheur, le conscient ou l’inconscient. Tout ce qui touche à la politique, l’état, la société, la justice et le droit m’inspire moins. En philo ce qui est bien c’est qu’il faut de la culture générale. Au début je pensais prendre le commentaire de texte mais finalement la dissertation me paraît plus sûre. Elle demande plus de réflexion personnelle et de culture. Du coup je ne m’en fait pas trop. Je me dis que je peux réussir ».

Après le bac : «  Je pense que ça bien passé. J’ai eu un peu peur en voyant les sujets. Finalement j’ai bien réfléchi, j’ai pris deux heures pour bien préparer mon brouillon. J’ai pris « Est-il possible d’échapper au temps ? ». Je n’ai pas tant cité des philosophes sauf les épicuriens et leur carpe diem. J’ai expliqué que le temps était souvent vu comme une fatalité parce qu’on ne pouvait pas y échapper de manière physique. Pourtant grâce aux rêves et à l’imaginaire c’est possible. J’ai cité des films comme Retour vers le futur ou lnception avec des personnes qui voyagent dans les rêves des gens. L’idée était de dire que quand on dort on ne voit pas le temps passer et que le temps passe plus vite dans les rêves. J’ai aussi fait référence aux Pink Floyd.  Leur morceau «  time » commence avec des tic tacs d’horloge qui donne une ambiance un peu angoissante. Finalement c’était un peu comme un autre contrôle. On a été bien entraîné par nos professeurs. Je n’ai même pas eu l’impression de passer le bac.