Appellation internationale du Doctorat, le PhD désigne également les formations de niveau Bac+8 dispensées dans certaines grandes écoles.

L'ESSEC, HEC ou encore l'ESCP-Europe et autres écoles de commerce ou d'ingénieurs françaises proposent ces cursus, qui mènent à l'enseignement et à la recherche au niveau international. Si elles ne sont pas toutes reconnues par le ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, elles n'en sont pas moins cotées dans le monde entier.

La reconnaissance du marché

Les établissements ayant reçu l'accréditation AACSB (Association to Advance Collegiate Schools of Business) sont au nombre de 13 en France. Ils sont reconnus pour la qualité de leur enseignement en PhD et leurs diplômes ouvrent les portes des entreprises privées comme des établissements d'enseignement public dans le monde entier... sauf en France où ce diplôme n'est pas reconnu par l'Etat. Il existe des cas particuliers, dont le programme EM2C, école doctorale commune entre l'ESSEC et l'UCP (Université de Cergy-Pontoise), délivrant un Doctorat reconnu.

"La seule reconnaissance est celle du marché, à savoir les institutions académiques françaises ou internationales qui recrutent nos diplômés", indique Raymond Thietart, Directeur du programme Doctoral de l'ESSEC. "Cela dépend des pays. En Allemagne, les débouchés se retrouvent plutôt dans le privé, alors que dans les pays anglo-saxons, les opportunités sont à la fois dans le domaine public qu'au sein d'entreprises privées", précise Olivier Trendel, responsable du Programme PhD de Grenoble Ecole de Management.

L'assurance d'un poste à haute responsabilité

Les PhD dispensés dans les écoles de commerce ont pour champs : la gestion, le management, la finance... Autant de secteurs où la pénurie d'enseignants est annoncée d'ici deux ans par l'AACSB. Citant une étude américaine, elle estime que la demande en professeurs du supérieur en sciences de gestion va augmenter de façon significative d'ici à 2018.

Les PhD sont un moyen pour les écoles de développer leur visibilité auprès des sphères académiques et d'attirer les candidats du monde entier ; pour les étudiants, "une formation doctorale parmi les meilleures qui puissent exister et une assurance d'obtenir un poste dans de grande institution à la hauteur de leurs efforts", assure Raymond Thietart.

Plus de cours, pour un rythme soutenu

Plus de cours qu'en Doctorat et des publications d'articles au cours de la formation caractérisent ces cursus très sélectifs. Ils sont accessibles à partir de bac+4 sur dossier, lettre de motivation et lettres de recommandation. L'accès est également soumis à l'obtention d'un score fixé par chaque école au GMAT (Graduate Management Admission Test) ou au GRE (Graduate Record Examination). Il en va de même pour le TOEFL et le TOIC, car la formation et la thèse se font exclusivement en anglais.

"La différence avec les doctorats classiques est l'intensité à la fois en contenu : 700 heures de cours avant de démarrer la thèse ; et en suivi – de nombreuses étapes à franchir", explique Raymond Thietart. Les écoles encouragent leurs étudiants à publier, car c'est à la qualité et à la production d'articles que le monde anglo-saxon juge les PhD.

Le témoignage de Stéphane, en PhD à Grenoble Ecole de Management

Quel est votre parcours de formation ?

Après l'obtention d'un Bac S en 1992, j'ai intégré une école d'ingénieurs à Nantes. J'ai commencé à travailler après une coupure d'un an pour cause de service militaire. J'ai occupé différents postes liés à la gestion, puis davantage axés sur la R&D au sein de la même entreprise entre 1998 et 2007.

Suite à la fermeture du site sur lequel je travaillais, j'ai décidé de reprendre des études en 2007. J'ai intégré un Master of Science en finance à Grenoble Ecole de Management. Cette reprise d'études m'a poussé à réfléchir sur la possibilité d'intégrer un cursus en recherche. J'ai postulé par la suite à plusieurs programmes en PhD, tous axés sur la finance d'entreprise, domaine qui m'intéresse.

Pourquoi avoir choisi un PhD ?

Mes années d'expérience en entreprise m'ont permis d'évoluer et d'apprendre beaucoup. Mais j'avais envie de m'orienter sur un domaine plus axé sur la recherche, pour approfondir davantage mes connaissances académiques et évoluer dans un contexte où l'on développe des savoirs en permanence.

C'est une démarche différente de celle que l'on peut avoir lorsqu'on travaille en entreprise. La formation en PhD me parait plus accessible quand on ne sort pas d'un cursus classique de formation à l'université. Que ce soit en doctorat ou en PhD, les établissements intègrent plus facilement un candidat qu'ils connaissent.

D'autre part, lorsque j'ai postulé aux différents programmes, j'ai vite réalisé que les départements de recherche attendaient des candidats qu'ils aient déjà plus ou moins défini leur sujet de thèse. Ce n'est pas mon cas, car je veux mettre à profit le temps de formation pour affiner mon sujet.

Comment est organisée la formation ?

La première année, nous suivons des cours communs aux étudiants des différentes spécialités. Au cours des deux premières années, nous intervenons comme assistants de recherche auprès des enseignants chercheurs deux jours par semaine. Ils sont très demandeurs de notre appui, et nous avons la possibilité de publier des articles en collaboration avec eux.

Par ailleurs, nous réalisons des travaux personnels sur des articles de recherche publiés. Nous donnons également des cours aux élèves de l'école. J'interviens pour ma part auprès des élèves de Master Finance et des élèves en 2e année de Sup de Co. Les 3e et 4e années sont articulées de la même façon, à la différence que nous n'aurons plus de cours à suivre et que nous rédigerons notre thèse.

Quels sont vos objectifs professionnels ?

Je souhaite enseigner et je suis optimiste quant aux débouchés professionnels à l'issue de ma formation.

J'ai l'intention d'explorer les possibilités offertes à l'international au cours des quatre années qui arrivent, car j'ai déjà travaillé à l'étranger et que cette expérience m'a plu. Par ailleurs, je suis en train de me renseigner pour soutenir ma thèse à l'université, et ainsi accéder à l'enseignement dans ce cadre.