Selon un sondage interne, mené par un étudiant de première année, une partie des étudiants de Sciences Po sont déçus de leurs premiers mois au sein de l’institution.

A peine trois mois après avoir rejoint les bancs de Sciences Po, près d’un étudiant sur quatre (22,6 %) a « déjà songé sérieusement à arrêter », selon une enquête interne menée par un étudiant de première année. Si cette étude ne suit pas une démarche scientifique, elle donne tout de même une idée des difficultés que peuvent ressentir les étudiants de première année de Sciences-Po.

Difficultés et élitisme

Réalisée en ligne en novembre dernier, cette enquête, repérée par L’Etudiant.fr, fait ressortir qu’une partie des étudiants de Sciences Po reproche à l’institution de ne pas approfondir assez ses cours. Les répondants évoquent ainsi « la méthode synthétique », « l’impression de survoler les matières » ou le « bourrage de crâne ». Dans le même temps, les élèves insatisfaits sont déçus du caractère élitiste de l’établissement, dont les effectifs ambitieux s’ouvrent peu sur le monde extérieur. 

Enfin, certains ont du mal à s’adapter au niveau demandé et jugent leurs résultats très décevants comparés à ceux obtenus au lycée l’année précédente.
Malgré tout, le sondage note aussi quelques aspects positifs : 77 % des étudiants jugent la vie associative satisfaisante, et une petite majorité (55 %) trouve que les enseignements sont « passionnants ».

L’école à l’écoute

Ce sondage ressort alors qu’un nouveau programme sera présenté au mois de mars. Celui-ci prévoit « un parcours plus progressif ». Ce qui n’empêche pas Bénédicte Durand, doyenne du collège universitaire, de se montrer à l’écoute des étudiants. « Ces retours directs viennent nourrir notre réflexion sur les améliorations que l’on peut apporter à l’accueil des étudiants ou aux enseignements », a-t-elle déclaré à L’Etudiant.fr.

Sondage contestable

Cette étude a été menée de manière spontanée par Clément Baillon, qui s’est fait remarquer par le passé pour avoir fondé et présidé l’association Droits des Lycéens, avec laquelle il a mené une longue bataille pour obtenir la publication de l’algorithme d’APB. Elle a été réalisée en ligne, du 10 au 14 novembre 2016, à partir d’un lien posté sur le groupe Facebook de la promotion 2021 de Sciences Po. Seules les réponses des étudiants du campus de Paris ont été conservées, soit 328 résultats.

Dans son compte-rendu, l’étudiant de première année s’est montré tout à fait conscient des limites de ce sondage, reconnaissant notamment que « rien ne garantit que les répondants sont bien en première année sur le campus de Paris, ou même étudiants à Sciences Po, ou même étudiants tout court ». Il écrit aussi que « l’échantillon n’est pas représentatif » et que « le questionnaire est biaisé, ce compte-rendu aussi ».

Au Figaro, il explique avoir eu envie de réaliser cette enquête après que deux étudiants de sa classent ont quitté l’école quelques semaines seulement après la rentrée. « Je sentais qu’une partie des élèves ressentait une forme de désillusion et je voulais la quantifier. »

Ainsi, malgré des résultats à prendre avec beaucoup de recul, sa démarche a été saluée par Bénédicte Durand, qui trouve qu’elle « caractérise l’esprit Sciences Po » et se félicite que « ses étudiants de première année manipulent des outils statistiques ».