Après dix ans d’atermoiement, le pôle unique de Paris Saclay ne verra finalement pas le jour. A la place, Emmanuel Macron a annoncé la création de deux pôles « complémentaires ».

Lancé par Nicolas Sarkozy, le projet d’un pôle universitaire et scientifique unique sur le plateau de Saclay, dans l’Essonne, ne verra finalement pas le jour. C’est Emmanuel Macron lui-même qui l’a enterré hier lors d’un déplacement à Gif-sur-Yvette.

Fin de la « guerre intestine » ?

A la place, il a annoncé la création de deux pôles distincts, dont l’objectif sera d’accroître le rayonnement de la recherche française à l’international

Alors que le but de ce rapprochement aurait été de rivaliser avec les géantes Cambridge ou Berkeley, Emmanuel Macron a fait observer que « lorsque fut demandé à ces institutions de s’unir sous un pavillon commun, un nerf sensible fut atteint ». Conclusion : après plusieurs années « d’inquiétudes » et de « guerres intestines », le plateau de Saclay sera décliné en deux « pôles complémentaires ». 

Universités vs grandes écoles

Le premier prendra la marque « Université Paris-Saclay ». Il regroupera les universités de Paris-Sud, de Versailles-Saint-Quentin et d’Evry, mais aussi l’Ecole normale supérieure de Saclay et CentraleSupélec. Dans l’autre pôle, « une alliance de grandes écoles », on retrouvera Polytechnique, L’Ensta, l’Ensae, Télécom ParisTech et Télécom Paris Sud.

Instaurée notamment par souci de « clarté » et de « lisibilité », Emmanuel Macron voit également dans cette solution l’occasion d’accroître le rayonnement des deux pôles et « leur capacité à accueillir de nouveaux acteurs ». Aujourd’hui, on dénombre 76 000 étudiants, 11 000 chercheurs et plus de 350 000 emplois autour du plateau de Saclay.

Réactions mitigées

Si Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, s’est réjouie de voir Emmanuel Macron prendre « la bonne décision » car « il était temps de débloquer la situation », le constat est plus mitigé du côté du personnel du plateau de Saclay. 

Parmi eux, Marie Leprêtre, déléguée régionale à la CFDT Île-de-France. « Tout ça pour ça ! », a soufflé au Monde celle qui tient également sa place au conseil d’administration de l’université Paris-Saclay. Elle voit les dix années d’hésitation autour de cette question comme « un véritable échec, un immense gâchis ».

En sous-main, c’est une « concurrence » à venir entre les deux pôles qui l’inquiète, « car les moyens financiers, eux, ne vont pas bouger ».