Selon une étude du Céreq, les séjours à l'étranger pendant le cursus n'ont pas d'incidence sur l'insertion professionnelle. Ce sont les diplômes et origines sociales des étudiants mobiles qui expliquent les bons chiffres.

Faire une partie de ses études à l'étranger serait bénéfique à la recherche d'emploi. Une croyance populaire bien ancrée, que vient de remettre en cause une étude du Centre de recherche et d'études sur les qualifications (Céreq).

Lire aussi Les villes préférées des étudiants en Erasmus

Pas d'effet significatif

L'enquête a été réalisée en 2013 auprès des jeunes diplômés de la génération 2010. Parmi eux, 210 000 (30 % environ) ont séjourné à l'étranger durant leur scolarité, dont 72 000 au cours de leur dernier cursus. Ils sont partis pour des stages (44 % d'entre eux), des échanges scolaires ou universitaires (40 %) ou des expériences professionnelles (25 %).

Si ces étudiants mobiles ont bel et bien été plus performants sur le marché de l'emploi, ils ne le doivent pas à leurs expériences internationales. « Toutes choses égales par ailleurs, aucun des types de séjours n'a d'effet significatif sur le fait d'être en emploi ou d'occuper un emploi en CDI », constatent les auteurs de l'étude. Ils doivent cette réussite à leur profil : « Ce type d'analyse montre que les caractéristiques des jeunes pèsent bien davantage sur l'insertion que les séjours effectués. »

Inégalités sociales

De la génération 2010, « 17 % des jeunes diplômés d'un master 2 universitaire sont partis à l'étranger », contre « 65 % des diplômés des grandes écoles de commerce ou d'ingénieurs ». De même, « 17 % des enfants de cadre ont effectué un séjour au cours du dernier cursus pour seulement 6 % des enfants d'ouvrier ».

Face à ce constat, l'enquête a comparé les statistiques d'étudiants aux profils similaires ayant effectué une mobilité ou non : « Les différents types de séjours à l'étranger semblent donc, toutes choses égales par ailleurs, avoir un effet modeste ou nul sur l'insertion professionnelle en France. » Ainsi, la bonne insertion des étudiants partis à l'étranger s'explique par leurs diplômes et origines sociales, non par leurs expériences internationales.

Lire aussi Brexit : quelles conséquences pour les étudiants ?

Meilleure rémunération pour les étudiants mobiles

Les auteurs de l'étude l'expliquent notamment par le fait que « les mobilités à l'étranger en fin de formation initiale limitent les contacts et les opportunités d'embauche auprès des employeurs français ». Or, les recrutements dans l'entreprise après un stage en France sont « fréquents ».

En revanche, la mobilité internationale au cours des études présente ses avantages : une meilleure rémunération, plus de cadres et plus d'opportunités de travailler à l'étranger.