Pendant les épreuves écrites du bac, environ 270 000 jeunes n'auront pas reçu de proposition sur Parcoursup : ils seront refusés ou en attente, ou auront démissionné de la plateforme.

Selon les estimations du ministère de l’enseignement supérieur, seuls les deux tiers des 810 957 candidats inscrits sur Parcoursup recevront au moins une réponse positive d’ici le début du baccalauréat, le 18 juin. Un candidat sur trois sera donc refusé, sur liste d’attente ou démissionnaire de la plateforme au moment du bac, soit environ 270 000 jeunes.

Beaucoup de jeunes sur liste d'attente

Mardi 22 mai, les premières réponses seront adressées aux candidats. Et selon toute vraisemblance, le nombre de personnes ne recevant que des « en attente » devrait être très important. En dévoilant ces estimations, le ministère prend les devants et explique avant même de connaître les résultats exacts que « c’est tout à fait normal du fait de la non-hiérarchisation des vœux et de la disparition des trois campagnes de réponses par rapport à APB ». 

Selon le gouvernement, le grand nombre de terminales encore en attente à quelques semaines, voire quelques jours, du baccalauréat, ne sera donc « pas le signe d’un échec ». Au contraire : « Le système a été pensé justement pour monter en puissance. » Ainsi, après les épreuves écrites du bac, la part de candidats recevant une proposition devrait être de 80 %. 

Cela ne signifie pas pour autant que 20 % des inscrits sur Parcoursup n’auront pas accès à l’enseignement supérieur. Car à ce stade, plusieurs autres facteurs entrent en compte : les futurs étudiants inscrits sur une formation hors Parcoursup (15 % des formations en 2018), ceux qui sont restés inactifs et ont disparu de la plateforme (70 000 étaient dans ce cas en 2017) et enfin les « 10 à 12 % de candidats ayant échoué au baccalauréat ». 

"Affectations au fil de l'eau"

Avant la publication des premières réponses, le ministère de l’enseignement supérieur tente donc déjà de rassurer les candidats et les familles. « Tout ne va pas se jouer le 22 mai, rappelle-t-on rue Descartes, les affectations se feront au fil de l’eau. » Les candidats reçus ont en effet une semaine maximum pour valider ou refuser leur affectation, ce qui libérera automatiquement des places pour les candidats en attente. Les données de Parcoursup seront « actualisées en permanence ». 

Pour diminuer les risques, le ministère a également mis en place différentes mesures. D’une, les candidats en attente connaîtront leurs positions sur les listes, qui seront mises à jour quotidiennement. Cela leur permettra d’évaluer leurs chances d’accéder à la formation. D’autre part, des alertes de rappel seront envoyées aux candidats reçus mais n’ayant pas encore validé leurs vœux. Les commissions d’affectation contacteront également par mail les candidats refusés partout afin de trouver une solution le plus rapidement possible.

Les candidats choisissant une formation hors Parcoursup devront quant à eux fournir obligatoirement un certificat de désinscription de la plateforme, afin de ne pas bloquer inutilement des places. 

Des places supplémentaires en fonction des besoins

Le gouvernement promet également d’ouvrir des places en plus, au fur et à mesure que les besoins se font sentir. Une enveloppe spéciale de plusieurs millions d’euros a été allouée en ce sens. Cela concerne notamment les BTS, qui ont eu la surprise d’une forte demande, et certaines filières en tension

« Tous les candidats en licence de droit en Île-de-France se verront attribuer une place », assure ainsi le ministère, même si ce ne sera pas forcément dans l’université demandée. En revanche, il ne fait pas la même promesse pour les candidats en Staps. Les 3 000 places déjà créées dans cette branche devraient être insuffisantes pour satisfaire toutes les demandes. 

Enfin, le gouvernement a décidé de rendre public l’algorithme national de Parcoursup « avant le 22 mai », ainsi que les taux d’étudiants boursiers et hors secteurs acceptés par formation. Les algorithme locaux resteront eux confidentiels.