Les présidents souhaitent revoir les modalités concernant le tri des lycéens sur Parcoursup.

Dans une tribune publiée sur Educpros, six présidents d’université (Rouen, Rennes 2, Lyon 2, Le Mans, Poitiers, Bordeaux-Montaigne) lancent un appel au gouvernement. Depuis le début du mois, des commissions d’enseignants doivent analyser et trier les dossiers des lycéens afin de rendre leur décision le 22 mai sur Parcoursup. 

Problème : de nombreux enseignants boycottent le processus en refusant de participer à ces commissions ou en validant systématiquement toutes les candidatures. En plein blocage, les présidents d’université demandent l’ouverture de négociations pour revoir les modalités d’admission.

« Eviter des conséquences dramatiques »

 « Seule la concertation et la reprise d’une dialogue responsable permettront d’apaiser la situation de blocage (…) et d’ouvrir de réelles perspectives pour un meilleur accueil de tous les étudiants et favoriser leur réussite », expliquent les auteurs. 

En effet, dans plusieurs établissements, les locaux sont bloqués ou occupés depuis plusieurs semaines par les étudiants et les enseignants. Et les procédures d’admission sont quant à elles laissées à l’abandon. A Rennes 2, les professeurs demandent à accéder au vœu de préférence pour accepter les lycéens les plus motivés. Dans d’autres villes comme à Avignon, les enseignants refusent de participer aux commissions. Résultats : les dossiers sont encore en attente. A l’université de Pau, tous les dossiers sont acceptés sans exception. A Nantes, de nouvelles commissions devraient être mises en place dans plusieurs filières comme la géographie, la sociologie, le droit, les sciences de l’éducation ou encore en lettres.

Pour autant, même si les présidents reconnaissent « le légitime mécontentement », ils souhaitent surtout « éviter des conséquences dramatiques » sur le bon déroulement de la procédure d’admission.

Un dispositif trop ambitieux

Dans l’impasse, les présidents regrettent également le manque de moyens financiers et humains « qui ne permettent pas d’améliorer l’accueil et la réussite des étudiants ». De plus, les auteurs dénoncent les « conséquences immédiates sur les personnels en modifiant le sens même de leur métier, les détournant des tâches qui assurent ordinairement la réussite des élèves ». D’après eux, ce dispositif aurait pu être moins exigeant : « Il aurait sans doute été plus simple de se concentrer sur les filières ‘en tension’. »  

Néanmoins, à l’instar des vice-présidents d’université, les auteurs de la tribune reconnaissent tout de même que Parcoursup offre de « vraies avancées pour accompagner la diversité des publics et leur permettre une meilleure intégration dans les cursus de formation supérieur ».