A la veille de l’ouverture des inscriptions sur Parcoursup, Jacques Toubon s’inquiète officiellement du manque de transparence de la plateforme, ainsi que des possibles discriminations envers les lycéens de quartiers populaires et les bacheliers technologiques et professionnels. 

Parcoursup continue de faire parler de lui ! Alors que le lancement des inscriptions pour la session 2019 sera donné demain, le Défenseur des droits Jacques Toubon publie ce lundi 21 janvier deux décisions demandant « plus de transparence, de mobilité et de mixité », ainsi que « des mesures d’accompagnement adaptées pour les personnes handicapées ». 

Mieux accompagner les étudiants handicapés

La décision concernant les étudiants en situation de handicap fait suite à une autosaisine concernant la prise en compte de cette population dans le cadre de Parcoursup. Dans leurs cas, le Défenseur des droits recommande que des mesures appropriées soient prises pour leur garantir un accès non discriminatoire à l’enseignement supérieur et un accompagnement adapté. Il demande également que la possibilité de mettre en place des dispositifs d’affectation prioritaire soit examinée dans chaque académie. 

Concernant l’autre décision, Jacques Toubon a été saisi cet été par plusieurs élus et syndicats étudiants et enseignants dénonçant l’absence de transparence des fameux « algorithmes locaux » utilisés par les universités pour classer les dossiers des candidats. Des craintes de discriminations ont également été exprimées. 

Le lycée d’origine ne doit pas être un critère

La question du lycée d’origine est récurrente, principalement dans les quartiers populaires de la banlieue parisienne. A ce sujet , le Défenseur des droits rappelle que « le recours au critère du lycée d’origine pour départager les candidats peut être assimilé à une pratique discriminatoire s’il aboutit à exclure des candidats sur ce fondement ». 

Favorable à l’anonymat des candidatures, Jacques Toubon demande en outre au ministère de l’enseignement supérieur « de faire en sorte qu’au moment de la formation de leurs vœux, et non plus a posteriori, les candidats disposent de l’ensemble des informations relatives aux modalités de traitement de leur candidature afin d’assurer la transparence de la procédure et de permettre aux candidats d’effectuer leurs choix en toute connaissance de cause ».

Enfin, en plus de demander de « favoriser l’accueil de candidats boursiers dans toutes les formations de l’enseignement supérieur », le Défenseur des droits s’inquiète de la situation des bacheliers technologiques et professionnels, dont le bilan de l’An I de Parcoursup, a montré qu’ils « reçoivent moins de propositions que les bacheliers généraux, sont confrontés à plus d’attente et font l’objet de plus de refus ».