Selon France Inter, près de 400 établissements ont acceptés un nombre de candidatures supérieur à leur capacité d’accueil. Un bug d’origine humaine selon la Ministre de l’Enseignement supérieur, de l’innovation et de la recherche, un surbooking selon certains sénateurs de l’opposition. Pour les élèves, un sacré loupé. 

Mercredi 15 mai. Paris 10ème arrondissement. 20h. Le champagne est sur la table du salon. Costa trinque avec sa famille et ses voisins. Cet élève en STD2A au lycée Assomption-Bondy est heureux. Heureux et soulagé. Comme son père. Costa vient d’être accepté au DN MADE, Diplôme national des métiers d’art et de design en design d’espace au sein de l’école de ses rêves l’ENSAAMA anciennement nommée Olivier de Serres. Une vraie bonne surprise. « J’ai un bon dossier mais être accepté à Olivier de Serres c’était assez inespéré » confie le jeune homme. Comme chaque année, Parcoursup apporte son lot de stress aux lycéens. En 2019, la plateforme compte 898 054 candidats inscrits qui ont formulé 6,9 millions de vœux sur près de 14 500 formations. Entre mercredi 15 et jeudi 16 mai, près de 1,5 million de propositions ont été envoyées aux lycéens. Mais pour Costa, Parcoursup c’est fini. « Pendant les marches sur le climat, beaucoup de jeunes m’avaient dit que c’était compliqué. Mais pour moi ce soir-là je me souviens avoir pensé que c’était trop bien ». Avant de se mettre au lit, Costa valide son premier vœu et supprime tous les autres. Dernier obstacle sur son chemin : le bac.

« Monsieur votre dossier a été actualisé »

Le lendemain 9h57 le couperet tombe. Costa et son père reçoivent un message de la plateforme. Une erreur est survenue. Selon France Inter, près de 400 établissements supérieurs auraient proposé plus de places qu’ils ne le pouvaient. L’erreur serait humaine. Costa est prévenu que l’ENSAAMA fait partie des formations mises en cause. Son vœu n’est pas validé. Il se retrouve sur liste d’attente. « Quand j’ai lu ce mail, j’étais abasourdi. Mon fils était déjà au courant mais lui on ne pouvait plus lui parler. Il était défait ». Pour Costa, la déception est énorme : « J’ai eu ça dans la tête pendant deux, trois jours. On était à la fin de l’année mais j’ai eu du mal à me remettre à travailler » explique le jeune homme. Selon le Ministère de l’enseignement supérieur, de l’innovation et de la recherche, seulement 4% des formations auraient été concernées par ce bug. Difficile de dire combien de jeunes en ont souffert. Selon, les Echos, ils seraient 67 000 candidats à avoir vu leur compteur remis à zéro. Dans la classe de Costa, une seule de ses camarades partage sa douloureuse expérience. Les autres ont tous postulé dans des établissements qui ne recrutent pas par Parcoursup. 

La torture de la liste d’attente

Costa n’est donc plus accepté à l’ENSAAMA mais à 9h57 il est classé premier sur la liste d’attente. Malgré le coup dur, il garde espoir. Deux heures plus tard, deuxième coup de massue : son classement chute à la  109ème  place. Aujourd’hui il est 40ème et se concentre sur d’autres pistes. Il a accepté un vœu en province mais en a conservé un autre sur liste d’attente pour un établissement parisien qui fait aussi rêver ce passionné d’architecture d'intérieur. À l’inverse de sa première expérience, son classement augmente petit à petit. 32ème au départ, il est 6ème aujourd’hui. Un système très stressant qui l’oblige continuellement à ne pas se faire de faux espoirs. Un système qui le laisse désabusé : « Quand on attend une école, on est en mode « trop cool, je suis sur liste d’attente ». Mais cela fait 4 jours que le classement stagne. C’est très frustrant. Je peux très bien finir premier de la liste d’attente et ne pas être pris. Attendre tout ce temps pour être recalé, ce serait vraiment décevant ».