Les classes préparatoires réunissent chaque année la "crème" des bacheliers. Objectif : intégrer une grande école. Pour beaucoup de lycéens, elles semblent inaccessibles : "niveau trop élevé", "rythme de travail acharné", "compétition exacerbée"... Les raisons invoquées sont multiples.

"L'image élitiste des prépas est exagérée. Pas besoin d'avoir mention très bien au bac pour y parvenir", insiste Bruno Gantois, professeur de Chimie en prépa Physique Chimie Sciences de l'ingénieur au lycée Camille Jullian de Bordeaux.

La sélection reste très rude dans les grands lycées parisiens comme Henri IV ou Louis Le Grand mais les établissements plus modestes sont parfaitement accessibles aux "bons élèves" et les "enseignements n'en sont pas de moins bonne qualité", affirme le professeur.

Une nouvelle façon de travailler

Loïc Dilly, fondateur du site Prépa-HEC et co-auteur du livre, "la prépa école de commerce : Tout ce qu'il faut savoir" (Editions Eyrolles), se souvient de ses années en classe préparatoire aux grandes écoles de commerce : "Je n'étais pas parmi les meilleurs avec mon bac S mention assez bien. Pourtant, je m'en suis bien sorti. Mieux parfois que ceux qui réussissaient jusqu'à présent sans effort et qui n'ont pas su s'adapter".

Difficile de passer du rythme lycée à la cadence des prépas. Entre trente et quarante heures de cours par semaine et surtout, beaucoup de travail personnel. "Au lycée, on se concentre sur les devoirs du lendemain alors qu'en prépa, c'est impossible. Il faut s'organiser et bosser chaque jour pour ne pas être débordé", explique Loïc Dilly.

La solidarité en classes préparatoires

Face à la somme de travail, la solidarité est de mise. Contrairement aux clichés, la compétition n'est pas si exacerbée dans ces prépas : "On ne se sent pas concurrents. Très souvent, on se retrouve l'après-midi pour travailler ensemble, partager nos réflexions et s'entraider quand on a des difficultés", raconte Matthieu en prépa aux grandes écoles de commerce au lycée du Parc à Lyon.

Les secondes années organisent très souvent des journées d'intégration pour faciliter les liens avec les nouveaux arrivants. Des systèmes de parrainage se mettent en place. "Les mentalités ont beaucoup évolué, explique Bruno Gantois, Il y a vingt ans, la compétition était la règle mais la nouvelle génération préfère la collaboration. Et puis, le nombre d'écoles d'ingénieurs et de commerce a augmenté, offrant plus de place à la sortie pour les étudiants".

Les sigles des prépas scientifiques

Les sigles des prépas scientifiques sont parfois nébuleux. Voici un tableau pour mieux se repérer :

Sigle Signification
MPSI mathématiques physique, sciences de l'ingénieur
MP mathématiques, physique
PCSI physique, chimie, sciences de l'ingénieur
PC physique, chimie
PCSI-SI physique, chimie, sciences de l'ingénieur,
réservées aux titulaires d'un bac S option SI
PSI physique sciences de l'ingénieur
PTSI physique technologie, sciences de l'ingénieur
PT physique technologie
TB 1 et 2 technologie et biologie (deux années), réservées aux titulaires d'un bac STL (option biochimie ou génie biologique), STAE ou STPA
TSI 1 et 2 technologie et sciences industrielles (deux années),
pour les titulaires d'un bac STI (ou parfois STL)
TPC 1 et 2 technologie et physique chimie (deux années),
réservées aux titulaires d'un bac STL
ATS technologie et sciences industrielles (deux années),
pour les titulaires d'un bac STI (ou parfois STL)
BCPST 1 et 2 biologie chimie physique et sciences de la Terre (deux années) ;
ces classes préparent aussi aux Écoles vétérinaires