Parce que la question de l’orientation et de la sélection ne s’arrête pas à la licence, universités, écoles d’ingénieurs et grandes écoles unissent leurs voix. Dans un texte commun, la Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs (CDEFI), la Conférence des grandes écoles (CGE) et la Conférence des présidents d’université (CPU) disent en effet partager « la nécessaire conviction de mettre fin à l’absurdité de la double sélection par tirage au sort des bacheliers et par l’échec en licence ». 

Présentation des études dès le collège

A quelques jours de la fin de la concertation sur le premier cycle lancée par le ministère de l’Enseignement supérieur, les trois conférences détaillent leurs propositions pour l’enseignement supérieur. D'abord, elles proposent de « repenser le système d’information et d’orientation en travaillant sur la représentation des études et des métiers dès le collège ». Ce qui passerait par de meilleures relations entre établissements du supérieur et entreprises d’un côté, collèges et lycées de l’autre. 

Promouvoir l’orientation plus tôt dans le cycle scolaire n’empêche pas les trois conférences de s’aligner sur le gouvernement concernant les prérequis. Dans leur projet : « Identifier les conditions prescriptives d’accès à l’ensemble des filières d’enseignement supérieur, y compris par la définition de prérequis à l’entrée de licences générales non sélectives ». 

« Formation tout au long de la vie »

Et pour accompagner les étudiants lésés par cette forme de sélection, elles proposent trois dispositifs : des formations tremplins à durée variable, des formations professionnalisantes conférant le grade de licence et des rentrée décalée après validation d’acquis. Cette dernière ferait disparaître l’année d’obtention du baccalauréat comme critère d’accès à l’enseignement supérieur. 

Dans cette même logique, les trois conférences militent pour l’accès à une « formation tout au  long de la vie », notamment en renforçant l’alternance et la formation professionnelle. « L’acquisition de diplômes et de nouvelles compétences tout au long de la vie, et pas seulement en formation initiale, sont des éléments clés pour répondre à l’enjeu sociétal d’élévation du niveau de qualification » écrivent-elles. 

Un œil sur APB

Les rythmes de l’enseignement supérieur sont aussi dans le viseur. Les conférences souhaitent « assouplir l’organisation temporelle des parcours d’étude sur la base des 180 ECTS ». L’idée serait par exemple de « porter des formations courtes professionnalisantes qui, aujourd’hui, n’existent pas », explique Jacques Fayolle, président par interim de la CDEFI, à Educpros

Enfin, la CPU, la CGE et la CDEFI gardent un œil sur la nouvelle version d’APB : « Il convient de rappeler le caractère indispensable d’un outil commun au niveau national, pour assurer un processus cohérent et transparent d’admission post-bac de manière efficace et sécurisée. »