Pour viser un poste de cadre à la sortie des études, le niveau bac+5 est désormais un minimum. Certaines filières sont mieux loties que d'autres.

Les jeunes diplômés ont certainement été les plus affectés par la crise mais le marché de l'emploi cadre remonte la pente en cette année 2011. Selon la dernière enquête de l'Agence pour l'emploi des cadres, 54% des entreprises ont recruté au moins un cadre au dernier trimestre 2010, soit une hausse de 8 points comparée à l'année précédente. Et plus de la moitié des sociétés interrogées prévoit d'embaucher durant les quatre premier mois de cette année.

Le retour des offres de cadres

Encore mieux ! L'amélioration concerne largement les jeunes diplômés. Si les cadres avec quelques années d'expériences restent la cible privilégiée des recruteurs, Les intentions d'embauche pour les cadres débutants retrouvent leur niveau de 2008 : près de 50% des entreprises prévoient d'en embaucher en 2011, soit 24 points de plus qu'au 4e trimestre 2009 !

Pour l'instant, il est un peu tôt pour dire quels sont les diplômés qui profiteront le plus de cette embellie. A en croire les recruteurs, ce sont les profils les plus opérationnels qui tireront leur épingle du jeu : "Un étudiant qui parvient au niveau master a déjà fait preuve de persévérance et acquis un grand nombre de connaissances. Ce sera sa capacité à s'adapter à l'entreprise qui fera la différence. Nous privilégions donc les parcours les plus professionalisants", prévient Erika Rapp, consultante en ressources humaines pour la Société Générale.

Une légère préférence pour les écoles

C'est une réalité : les diplômés d'écoles ont davantage la côte auprès des recruteurs que les universitaires. "Il y a l'effet réseau qui a indéniablement fait le succès des écoles", explique Pierre Lamblin, directeur des études de l'Apec. "Mais les méthodes pédagogiques qui y sont employées ont également les faveur des entreprises. Tout comme les stages obligatoires", ajoute-t-il.

Résultat, les écoles de commerce et d'ingénieurs affichent les taux d'emploi les plus élevés à la sortie des diplômes : en moyenne 80% des jeunes issus de ces formations trouvent un poste en moins de six mois.

Les universitaires séduisent de plus en plus

Néanmoins, la différence entre les diplômés d'universités et d'écoles tend à se réduire largement depuis quelques temps. Les relations entre facultés et monde économique se sont largement réchauffées depuis la loi LRU et les recruteurs affichent désormais une réelle volonté d'ouverture : "Il faut en finir avec cette vieille idée du clonage des élites. Nous recrutons désormais autant de jeunes diplômés d'universités que d'écoles de commerce et d'ingénieurs. Ils sont tout aussi compétents", insiste Carole Sottel, chargée du recrutement pour le groupe BNP Paribas.

Tous ne sont pas aussi optimistes sur l'égalité des profils face aux embauches : "Notre volonté de diversifier nos profils se heurte au problème de l'anglais chez les universitaires, tout comme à la réalisation de stages", tempère Jérôme Eymery, responsable du département recrutement chez Areva, qui a toutefois réussi à augmenter son recrutement d'universitaires grâce, entre autres, aux métiers de l'informatique, des fonctions supports, et aux filières mécaniques.

Le potentiel avant tout

"Nous recherchons un potentiel plutôt qu'un diplôme", affirme pour sa part Marie-Carole Lecercle, directrice du recrutement chez Axa France, dont la moitié des recrues Bac +5 viennent de l'université. "Axa veille à avoir un candidat qui a su développer les qualités de disponibilité, d'attention et de fiabilité". L'esprit d'équipe, des aptitudes commerciales ou encore un sens de la relation client sont autant de qualités fortement appréciées quel que soit le secteur.

Les profils pointus sont les plus recherchés. Pour ses postes en finance, Axa affectionne ainsi des Master 2 en finance, actuariat et juridique, des écoles d'actuariat et certaines options finance de grandes écoles.

Dans le secteur informatique, les spécialistes en langage Internet type Java, Php, etc., sont prisés de même que les experts en management de projets et en systèmes d'information. Mais attention à ne pas s'enfermer dans une spécialité. "Mieux vaut un diplôme d'ingénieur qui permet de bien s'adapter, avec une vision transversale des technologies, que d'être trop cloisonné dans une technologie", explique Jean-Louis Bernaudin, délégué général de l'association Pasc@line.