En 2021, les lycéens généraux ne passeront plus un bac par série. Ils n’auront que quatre épreuves finales en terminale (qui ne s’appellera d’ailleurs plus terminale) dont un grand oral et le contrôle continu comptera pour 40 % de la note finale. 

C’est désormais officiel : un nouveau baccalauréat verra le jour en 2021. Annoncée pendant la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron, la réforme du baccalauréat a été lancée fin 2017 par le ministère de l’Education nationale. Après la remise d’un rapport en janvier faisant état de différentes propositions, le ministre Jean-Michel Blanquer a présenté ce mercredi 14 février le projet de réforme définitif en conseil des ministres. 

Plus de place au contrôle continu

Ce nouveau baccalauréat s’articule autour de deux philosophies : la prise en compte du contrôle continu dans la note finale, et la généralisation des apprentissages qui passera par la suppression des filières S, ES et L

Pour ce premier changement, Jean-Michel Blanquer propose ce qu’avait promis le président de la République lors de sa campagne : le baccalauréat comportera cinq épreuves finales (une en première et quatre en terminale) qui compteront pour 60 % de sa note. Le reste sera évalué en contrôle continu. 

L’idée est notamment d’en finir avec la tenue d’une semaine intense d’examens en terminale, ce qui permettra à la fois de mieux répartir le travail de révisions et d’évaluer la régularité des élèves. « Nous voulons qu’à l’avenir, le mot "bachotage" relève de l’histoire ancienne », a exprimé le ministre lors de la conférence de presse de présentation du projet de réforme, le 14 février. 

Les nouveaux examens du bac

Dans le détail des épreuves finales, on retrouvera toujours le français à la fin de l’année de première (épreuve écrite et orale). En terminale, les candidats passeront une épreuve pour chacune de leurs deux spécialités suivies au retour des vacances de printemps. En juin, ils passeront la traditionnelle épreuve de philosophie, ainsi qu’un oral terminal. 

Si le bulletin entrera en compte dans la notation finale, les trois quarts de la notation en contrôle continu relèveront d’épreuves ponctuelles, qui seront anonymisées et corrigées par d’autres profs que ceux du candidat, assure Jean-Michel Blanquer, répondant là à l’une des principales craintes des syndicats lycéens et enseignants.

Ces épreuves porteront sur les matières suivies par les élèves et se tiendront en première et en terminale. Afin de « garantir l’égalité entre les candidats et les établissements scolaires » le ministère assure qu’une « banque nationale de sujets » sera mise en place et que les épreuves seront harmonisées.

Avec la prise en compte du contrôle continu, la notation sera revue selon le barème suivant

  • Epreuves finales (français écrit et oral, philosophie, oral terminal, spécialité 1, spécialité 2) : 60 %
  • Epreuves ponctuelles : 30 %
  • Bulletins scolaires : 10 %

Comme c’est déjà le cas, le élèves ayant au moins 10/20 seront reçus et le système de mentions ne changera pas. L’oral de rattrapage est également maintenu.  

Qu’est-ce que l’oral terminal ?

C’est l’une des grandes nouveautés de cette réforme : les élèves passeront un oral terminal de vingt minutes à la fin de leur dernière année de lycée. Inspiré de ce qui se fait dans d’autres pays d’Europe, celui-ci portera sur un projet préparé dès la classe de première et se déroulera en deux parties : 

  • La présentation du projet (en lien avec les enseignements de spécialité suivis par l’élève)
  • Un échange avec le jury, qui permettra « d’évaluer la capacité de l’élève à analyser en mobilisant les connaissances acquises au cours de sa scolarité, notamment scientifiques et historiques ». 

Pour Jean-Michel Blanquer, cette ultime épreuve s’articule surtout autour d’une « compétence fondamentale » : « Savoir s’exprimer dans un bon français clair et argumenté. » Une vision qui ne plaît pas à certains enseignants, qui y voient de réels risques d’inégalités en fonction des établissements et de la provenance sociale des élèves. Au contraire, tente de rassurer Jean-Michel Blanquer, qui précise que cet oral sera préparé pendant toute l’année de terminale et mettra donc tous les élèves sur un pied d’égalité. 

Les questions de l’égalité des chances, de l’égalité sociale et de la réussite étant au cœur de cette réforme, la préparation de cet oral sera un enjeu majeur pour le ministère et sera suivie de près. 

Quelles sont les spécialités ?

L’autre changement majeur qu’apportera le nouveau bac sera la fin des filières S, ES et L en lycée d’enseignement général dès la rentrée 2019. Avec cette suppression, c’est tout l’enseignement qui est chamboulé. Les élèves suivront un cours en tronc commun (16 heures par semaine en première, 15h30 en terminale) avec les matières suivantes : 

  • Français (en première uniquement)
  • Philosophie (en terminale uniquement)
  • Histoire-géographie
  • Enseignement Moral et civique
  • LV1
  • LV2
  • EPS
  • Humanités scientifiques numériques

En plus de cela, les lycéens auront à choisir des matières de spécialité, qui seront enseignées 12 heures par semaine, parmi : 

  • Arts
  • Ecologie, agronomie et territoires
  • Histoire géographie, géopolitiques et sciences politiques
  • Humanités, littérature et philosophie
  • Langues et cultures de l'Antiquité
  • Langues et littératures étrangères
  • Mathématiques
  • Numérique et sciences informatiques
  • Sciences de la vie et de la Terre
  • Sciences de l’ingénieur
  • Sciences économiques et sociales
  • Physique-Chimie

A la fin de la seconde, les élèves devront choisir trois spécialités qu’ils suivront en première (4 heures par semaine pour chacune). En terminale, ils n’en garderont que deux (six heures par semaine). S’il trouve un accord avec son établissement, un lycéen pourra changer de spécialité entre la première et la terminale. 

Les élèves choisiront les spécialités par combinaisons, qui seront proposées directement par les établissements. Ces combinaisons ne seront pas uniquement scientifiques ou littéraires ; des lycéens pourraient ainsi avoir la possibilité de suivre comme spécialités arts, mathématiques et LLE.

Il faudra toutefois prendre en compte les attendus que les établissements de l’enseignement supérieur renseigneront dans Parcoursup. A cette fin, l’orientation prendra une part plus importante au lycée dans les années à venir, dès la classe de seconde. 

Enfin, des enseignements facultatifs seront également proposés aux lycéens, qui ne pourront en choisir qu’un seul en première mais auront la possibilité d’en ajouter un second en terminale : 

  • Arts
  • Langues et cultures anciennes
  • EPS
  • LV3
  • Mathématiques renforcés (term uniquement)
  • Maths complémentaires (term uniquement)
  • Droits et grands enjeux du monde contemporain (term uniquement)

De ce nouveau système d’enseignement résulteront une refonte des contenus, qui sera proposée par le conseil supérieur des programmes, ainsi qu’une réorganisation des classes en lycée. 

La nouvelle organisation en première et en terminale. © Ministère de l'Education nationale La nouvelle organisation en première et en terminale. © Ministère de l'Education nationale

Peu de changements en bac techno

Les bacheliers technologiques seront peu impactés par la réforme. Jean-Michel Blanquer promet toutefois de remuscler leur cursus, en proposant des ponts plus importants entre les filières générales et technologiques, notamment par la tenue de matières communes (par exemple les sciences de l’ingénieurs). Les séries technologiques seront maintenues.

Un nouveau nom pour remplacer « terminale »

Enfin, un dernier réglage, plus symbolique, sera apporté au bac et au lycée : la fin de l’appellation « terminale » pour la dernière année de lycée. Le ministère s’accorde un délai d’un mois pour réfléchir à son nouveau nom, même si Jean-Michel Blanquer reconnait volontiers qu’« année de maturité » (qui serait conclue par un « oral de maturité ») part avec une longueur d’avance.