La ministre de l'Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem et Geneviève Fioraso, secrétaire d'Etat chargée de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, ont adressé un courrier à tous les dirigeants d'établissements d'enseignement supérieur rappelant la ferme opposition du ministère en matière de bizutage.

Le bizutage : en recul mais toujours présent

Chaque rentrée étudiante compte son lot de dérapages. Les soirées et week-ends d'intégration (« WEI ») fréquemment arrosés sont le théâtre de « rites d'initiation » qui parfois tournent au drame : soumissions, humiliations ou blessures. « Il n'existe ni bizutage bon enfant ni pression de groupe acceptable qui justifie les pratiques du bizutage », d'après Geneviève Fioraso. Exemple frappant à la rentrée 2013 : un étudiant de troisième année subit une agression d'ordre sexuel lors d'une journée d'intégration organisée par l'association corporative des étudiants en médecine de l'université Lille-II droit et santé (ACEML).

Au total, durant l'année 2013-2014, 19 dossiers de cas de bizutage ont été transmis au ministère de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Cinq concernant des écoles, trois d'UFR de médecine et six de classes prépa. En 2012-2013, 30 cas étaient relevés. Un chiffre en recul, certes, mais le ministère de l'Education nationale tient à faire de la lutte contre ce phénomène étudiant, une priorité.

Une lettre de prévention destinée aux dirigeants d'établissements

Pour lutter contre ce phénomène toujours ancré dans la vie étudiante, Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l'Education nationale et Geneviève Fioraso, secrétaire d'Etat chargée de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, ont adressé, le 18 septembre 2014, une lettre à l'ensemble des présidents d'universités, directeurs d'établissements et proviseurs, pour rappeler que le ministère s'oppose fortement au bizutage.

Dans ce courrier, les deux femmes sont également revenues sur les termes de la loi. En effet, l'article 225-16 du code pénal (loi du 17 juin 1998, portée par Ségolène Royal), dispose que « le fait pour une personne d'amener autrui, contre son gré ou non, à subir ou à commettre des actes humiliants ou dégradants lors de manifestations ou de réunions liées aux milieux scolaires et socio-éducatif » est puni de six mois d'emprisonnement et de 7 500 euros d'amende.

Dans leur lettre, Geneviève Fioraso et Najat Vallaud-Belkacem, ont fait savoir qu'il est nécessaire de mettre « en œuvre un ensemble de mesures [permettant] de proscrire tout acte de bizutage et de sécuriser l'organisation des événements festifs étudiants ». Par ailleurs, elles précisent aux chefs d'établissements que leur « responsabilité peut également être engagée ».

Parallèlement, un numéro vert académique a été mis en place : 0 808 800 197 afin que les victimes de bizutage puissent être prises en charge et aidées.