Alors que partir à l'étranger lors de ses études est devenu de plus en plus courant, une étude révèle que les deux tiers des étudiants ne connaissent pas de mobilité. Parmi les principaux freins : le financement du voyage et l'attribution des aides sociales.

La mobilité des jeunes est devenue un sujet de premier plan. « Etudier, c'est s'ouvrir au monde, aux cultures, mais aussi à une économie et une compétition de plus en plus internationales », résume Campus France en introduction de sa note de février 2016. On y apprend cette statistique : 2 étudiants français sur 3 terminent leurs études sans aucune expérience de séjour à l'étranger. 

Plus de mobilité dans les grandes écoles que dans les universités

Le souci n'est pas que la mobilité n'a pas la cote : huit étudiants sur dix sont tentés par un départ. Le problème, c'est que l'étranger est difficilement accessible et dépend beaucoup du profil des étudiants. Ainsi, les trois quarts (74 %) des étudiants des universités ne partent pas pendant leurs études, alors que seulement 19 % des étudiants en école de commerce ou d'ingénieurs passent tout leur cursus en France. L'origine sociale des étudiants a aussi un impact, puisque dans les milieux aisés, deux tiers des jeunes sont encouragés à voyager, contre un tiers seulement dans les milieux modestes.

Ces chiffres sont le résultat d'une étude menée auprès de 26 000 étudiants français issus de 330 établissements de l'enseignement supérieur. Parmi les freins à la mobilité, la question financière est au premier plan. L'enquête révèle qu'un tiers des familles d'étudiants ont des difficultés financières, et que 59 % des étudiants doivent financer leur séjour sans aides publiques.

Lire aussi Mobilité : les étudiants français moins aventuriers que leurs voisins

Beaucoup d'étudiants découragés par leur niveau de langue

Ces aides sont justement pointées du doigt : non seulement elles couvrent moins de la moitié des dépenses, mais elles semblent mal attribuées. Ainsi, 40 % des étudiants boursiers partent sans toucher d'aide, alors que 28 % des étudiants non boursiers en bénéficient. Campus France rappelle qu'un séjour moyen de six mois se chiffre à hauteur de 6 000 €.

Parmi les 25 % d'étudiants qui n'envisagent pas de partir ou y ont renoncé, 32 % évoquent des problèmes de financement. C'est autant que ceux qui ne souhaitent pas quitter leur environnement de vie, mais moins que ceux qui pensent que leur niveau en langues étrangères est insuffisant (38 %). Par ailleurs, 31 % pensent que la mobilité n'est pas obligatoire pour valider leur cursus, et 23 % ne souhaite pas allonger leur temps d'études. 

Selon  Campus France, en 2013, la France comptait 73 354 étudiants en mobilité, soit moins de 3,5 % des 2,1 millions d'étudiants français