Lycéens, étudiants, enseignants et parents d’élèves se sont mobilisés, jeudi 1er février, contre la réforme du baccalauréat.

Annoncée en novembre dernier, par le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer et de la ministre de l’enseignement supérieur, Frédéric Vidal, la réforme du baccalauréat ne fait toujours pas l’unanimité. 

« Nous réitérons notre refus de voir s’instaurer la sélection à l’entrée à l’université et nous réclamons le retrait de plan Vidal », a déclaré l’Unef, deuxième syndicat étudiant, il y a quelques jours, en signe de contestation. Une idée partagée par plusieurs organisations et syndicats de lycéens (SGL, UNL), d’étudiants (Unef, Solidaires), d’enseignants (FSU, CGT, SUD Education) et de parents d’élèves (FCPE), qui ont lancé un appel à la grève ce jeudi 1er février. 

Contre la sélection à l’entrée à l’université

Cette grève, la plupart des lycéens et étudiants y participaient pour protester contre la sélection à l’entrée à l’université. « Nous venons défendre les droits et l’égalité des chances », a témoigné Carine, étudiante en médecine. 

Les jeunes remettent particulièrement en cause le nouveau processus d’entrée à l’université, par l’intermédiaire de la plateforme ParcourSup. Selon eux, le dispositif mis en place n’est pas du tout adapté. « Ce sont les profs qui nous évaluent pour qu’on puisse entrer à l’université, mais ils ne nous connaissent même pas », proteste Alaska, lycéenne. « Parce que je n’ai pas de bonnes notes, je ne peux pas continuer mes études ? Si ce n’est pas de la sélection, je ne sais pas comment il faut appeler ça ! », poursuit-elle.


D’après les étudiants, cette réforme ne fera pas avancer les choses. « Il faut surtout investir, donner plus de moyens aux universités pour qu’elles puissent accueillir davantage d’élèves et que personne ne se retrouve sans école à la rentrée », estime Margaux, étudiante en licence de droit-histoire à la Sorbonne.

Plusieurs grandes villes de France concernées

Pour se faire entendre, dès ce matin, les manifestants étaient sur le pied de guerre dans toute la France. « A 10 heures, une dizaine d’établissements étaient perturbés à Paris, dont quatre par des blocages partiels, n’empêchant pas les élèves de rentrer en cours », a précisé le rectorat de l’académie, à l’AFP. Les blocages ont également eu lieu dans plusieurs villes telles que Caen, Marseille, Lille, Lyon, Rennes, Nantes, Toulouse, Bordeaux ou encore Strasbourg.


A Paris, la manifestation s’est déroulée sous haute tension. Dès 14 heures, les manifestants se sont rassemblés devant l’université de la Sorbonne, entourés par les forces de l’ordre, qui ont bouclé l’ensemble du quartier Latin. Munis de leurs pancartes et de leur microphone, les manifestants espéraient surtout se faire entendre. « Ça a déjà marché en 2008, alors on ne sait jamais », explique Charly, un lycéen. 

Deux syndicats à l’écart de la mobilisation

Deux syndicats sont tout de même restés marge de la manifestation. La Fage, premier syndicat étudiant et le SGEN-CFDT, syndicat enseignant, ont déclaré qu’ils ne partageaient pas « les conséquences de la réforme » évoquées par l’Unef, notamment sur les inégalités vis-à-vis des « jeunes issus des familles populaires »

Cependant, les deux syndicats ont rappelé qu’ils « continuent à revendiquer des moyens supplémentaires » à hauteur d’1,5 milliard pour l’enseignement supérieur. 

Une nouvelle journée de mobilisation est déjà organisée pour le 6 février.