Après l’annonce du dépôt de plainte de Promotion et défense des étudiants (PDE) contre la circulaire entérinant le tirage au sort pour l’accès des bacheliers à certaines licences universitaires, de plus en plus d'organisations étudiantes font entendre leur mécontentement. 

La mobilisation contre la pratique du tirage au sort à l'entrée de certaines licences universitaires se poursuit. La circulaire visant à régulariser ce système suscite l'indignation des présidents d'universités, comme celle des associations étudiantes, qui depuis la semaine dernière multiplient les actions de protestation. Alors que la communauté universitaire demande le droit d’établir des critères d’entrée en licence, les représentants étudiants, eux, s’alarment de cette entrave à la méritocratie et plaident pour une augmentation des capacités d’accueil des facs.

Une pétition qui dénonce "l'échec du système éducatif

« Le hasard ne décidera pas de mon avenir ! », s’insurge dans sa pétition le collectif « Tiré au sort ». « Les problèmes des capacités d’accueil tend à se généraliser et bientôt ce seront toutes les filières du premier cycle universitaire qui seront soumises à une sélection par tirage au sort », pointe le collectif. Alors que l’année précédente, environ 3.500 étudiants ont été concernés par ce système, selon Le Figaro, la pétition vise aussi à dénoncer un « aveu d’échec de notre système éducatif ».

PDE et la Fage remontés 

Cette initiative s’inscrit dans la continuité de la démarche d’autres organisations étudiantes comme celles de PDE qui a annoncé, le 5 mai dernier, déposer un recours devant le Conseil d’Etat contre la circulaire de 24 avril. « Cette circulaire, c’est de la communication, de la poudre de perlimpinpin », avance au Monde maître Florent Verdier, mandaté par PDE.

Une formule à laquelle pourrait bien être sensible le président élu, Emmanuel Macron, à qui le collectif étudiant la Fage a également adressé une pétition. La Fage espère ainsi motiver le nouveau chef d’Etat à se pencher rapidement sur cette question épineuse. Depuis le 7 mai, le texte compte déjà 2.500 signatures.

Une pratique "légale" depuis avril dernier 

La pratique du tirage au sort à l’entrée de certaines licences a été rendue « légale » à la fin du mois d’avril par une circulaire publiée au Bulletin officiel par le ministère de l’Education nationale. Cette circulaire tend à sécuriser légalement le tirage au sort des étudiants souhaitant accéder à des licences dites « en tension », c’est-à-dire celles faisant face à un nombre de demandes supérieur à la capacité d’accueil. Les filières les plus sévèrement touchées par ce mode de fonctionnement controversé sont celles des sciences et techniques des activités physiques et sportives (Staps) et de psychologie. 

Rétropédalage du gouvernement 

Avec plus de 30.000 étudiants supplémentaires à chaque rentrée universitaire, les établissements se sont retrouvés contraints de fixer des capacités d’accueil limitées dans ces filières très sollicitées. Le tirage au sort ne reste toutefois organisé qu’en dernier recours.

En janvier dernier, le gouvernement avait déjà tenté d’officialiser cette pratique par le biais d’un arrêté. Face aux contestations de la communauté universitaire, ce dernier avait alors renoncé. Ce rétropédalage devait ouvrir la voie à la réflexion sur ce sujet sensible… du moins jusqu’en avril dernier.