Des points forts aux points faibles, en passant par les pistes d'amélioration, le déficit de reconnaissance... Michelle Botha, la directrice de l'ESPEME, le bachelor de l'école EDHEC, répond aux questions d'Orientations.

Quels sont les trois points forts actuels du bachelor et, a contrario, les trois principales faiblesses de ce diplôme ?

Michelle Botha, directrice de l'ESPEME Michelle Botha, directrice de l'ESPEME
Michelle Botha, directrice de l'ESPEME

"Je pense que le gros avantage du bachelor, c'est qu'il s'agit d'un diplôme assez général qui, en même temps, introduit une spécialité. Il prépare ainsi à la poursuite d'études.

Autre avantage : le bachelor prépare aussi au marché du travail. Je suis anglo-saxonne et, dans ces pays, le bachelor est bien développé, tandis qu'en France, le développement de ce diplôme commence à peine. Enfin, le bachelor n'est pas seulement du contenu : c'est aussi une autre manière de raisonner.

Concernant les points faibles, son principal défaut, c'est qu'il n'est pas encore assez reconnu. Il y a un manque de reconnaissance de ce diplôme, même si ses qualités sont indiscutables. Il y a encore cette tradition française qui veut que si on n'est pas allé en classe préparatoire aux grandes écoles (CGPE), on n'a pas le même niveau. Mais en bachelor, nous avons aussi beaucoup d'élèves ayant obtenu une mention "très bien" au bac !"

Quels sont aujourd'hui les éléments qui font la différence entre un bon et un très bon diplôme bachelor ?

"Un bon bachelor est un programme mis en place par une institution qui assure une qualité académique du programme et qui est assez généraliste. Un très bon bachelor est un diplôme qui intègre des éléments qui accroissent les capacités conceptuelles de l'étudiant, et qui donnent accès à l'entreprise durant le parcours.

A l'ESPEME, nous proposons ainsi des stages dans le cursus, mais nous avons également des intervenants issus du monde professionnel, des professeurs qui ont un double parcours... Enfin, un visa est un plus : un très bon bachelor doit en effet posséder une reconnaissance académique."

Quelles sont, selon vous, les bonnes raisons pour lesquelles il faut opter pour un bachelor ? Et les mauvaises ?

"Je ne pense pas qu'il y ait de mauvaises raisons d'intégrer un bachelor. Quoi qu'il arrive, ce diplôme permettra de poursuivre ses études ou d'intégrer directement le monde du travail.

Mais je mettrais un bémol en disant que j'entends parfois des lycéens ou des parents dire que le bachelor est plus facile qu'une classe prépa. Non ! Il y aura des efforts à fournir.

Ce n'est pas une option de facilité : c'est une alternative à l'université et à la prépa. On fait de la macroéconomie, de la microéconomie, du droit, des mathématiques financières,... des matières qui peuvent s'appliquer au monde réel."

Le nombre de bachelors est en plein développement depuis un certain temps. Ce dynamisme va-t-il continuer selon vous ?

"Je pense que cela ne va pas s'arrêter. Depuis longtemps les écoles de commerce et de management sont plébiscitées. Elles ont connu un développement de 3,4 % cette année, contre 0,8 % pour les universités.

Et le bachelor rattrape les filières proposées après une classe prépa aux grandes écoles. L'écart se rétrécie petit à petit !"

L'IFOP a dévoilé, il y a un an désormais, une étude révélant la relative méconnaissance des recruteurs quant au diplôme bachelor. Qu'en est-il aujourd'hui et comment procéder pour davantage faire connaître ce diplôme auprès des recruteurs ?

"Je pense que c'est en train de changer. C'est une évolution naturelle. De plus en plus de recrutements internationaux ont lieu à Paris. Or, le bachelor est courant aux Etats-Unis, en Angleterre, mais aussi en Asie. Ce diplôme y est souvent exigé d'ailleurs là-bas : c'est un cursus de référence. On constate aussi des salaires similaires pour des MBA et des bachelors !

Avec le développement de la mondialisation des recrutements, les tendances vont jouer en faveur du bachelor. C'est d'ailleurs déjà le cas dans les grands groupes. Mais le bachelor est récent, il a été créé au moment de la réforme LMD. Il faut du temps pour qu'il soit pleinement reconnu. Mais encore une fois, je suis anglo-saxonne, et je crois en ce diplôme !"