Depuis l'arrivée d'internet, les métiers du journalisme n'ont jamais autant évolué. Pour autant, ils continuent d'attirer nombre de jeunes diplômés. Mais, pour espérer s'insérer, il faut désormais déployer des qualités bien particulières.

Le journalisme est toujours aussi plébiscité par les jeunes. Une activité qui est loin d'être totalement bouchée, et qui offre même un nombre croissant d'opportunités.

« Il existe encore, fort heureusement, de nombreux débouchés dans le journalisme, comme en atteste notre enquête sur le placement de nos jeunes diplômés, quatre mois après leur sortie d'école. En effet, les étudiants de la promotion de l'année passée sont tous en poste hormis quatre, qui ont décidé de poursuivre leurs études à l'étranger », souligne  Julie Joly, directrice du Centre de formation des journalistes (CFJ).

Les nouveaux métiers surfant sur le web

De plus en plus, le journalisme se tourne vers les nouveaux médias, qui constituent aujourd'hui une excellente porte d'entrée pour les jeunes diplômés. « Le web est un générateur d'emplois incroyable. Des métiers se sont ainsi développés, comme l'éditeur web ou le community manager, et d'autres ont fait leur apparition, tels que le brand journalist ou le data-journaliste. Car, avec le web, on essaie d'aller toujours plus loin et encore, ce n'est que le début », affirme Magali Bonavia, directrice de l'Institut européen de journalisme (IEJ).

De son côté, Julie Joly insiste sur la mutation provoquée par la révolution numérique. « L'interactivité a complètement transformé le métier, qui est vraiment en train de muter. Ce n'est plus le journaliste qui décide seul : il est désormais obligé de tenir compte d'autres facteurs. Cela change tout et accroît la nécessité de bien vérifier l'information et de respecter les fondamentaux journalistiques », souligne la directrice du CFJ.

La polyvalence est de plus en plus tendance

Autre conséquence directe : la polyvalence est de plus en plus de mise car, sur le web, images, sons et textes peuvent cohabiter.

« Les apprentis et débutants journalistes sont aujourd'hui dans l'obligation d'être parfaitement polyvalents. Car les médias ont besoin de personnes opérationnelles sur tous les supports. Elles doivent ainsi non seulement savoir écrire, mais également être capables de fournir des images, faire du son... À cette polyvalence des supports s'ajoute celle des domaines. Avoir une thématique de prédilection, c'est un plus, mais il ne faut surtout pas délaisser les autres secteurs", insiste Magali Bonavia.

Des formations diverses et variées

Si le journalisme reste ouvert aux autodidactes, les 14 écoles de journalisme reconnues par la profession demeurent la voie royale pour accéder aux médias nationaux généralistes.

Les autres journalistes ont notamment opté pour une école spécialisée, qu'il est possible d'intégrer tout de suite après le bac ou par l'intermédiaire des admissions parallèles à partir de bac +1.

Beaucoup d'apprentis rédacteurs passent aussi par un institut d'études politiques (IEP) pour acquérir une bonne culture générale. Les universités proposent enfin des cursus à bac +4/5 permettant de s'engager dans cette voie.

Un bon niveau de langue

Mais, au-delà, les recruteurs recherchent de plus en plus des qualités bien déterminées. « Tous les patrons de presse nous disent que les nouveaux journalistes doivent être capables d'anticiper les mutations en cours. Car, en interne, ils n'ont pas de tel profil. De plus, ils doivent être directement opérationnels en étant presque plus efficaces que les professionnels. Cela implique davantage de réactivité, la nécessité d'être un peu visionnaire, adaptable... Ce qui est difficile, certes, mais cela laisse une place pour l'innovation", insiste Julie Joly.

De son côté, Magali Bonavia met en avant le fait qu'« à compétences égales, ce sont les langues parlées qui font la différence. S'exprimer couramment en anglais est désormais normal, il faut donc parler une deuxième, voire une troisième langue ! », conclut-elle.

Dernière mise à jour : 14 septembre 2015