En grande distribution ou dans un commerce de proximité, on a tous son boulanger, son poissonnier, ou son boucher préféré. Pourquoi ne pas passer de l'autre côté du comptoir et devenir un professionnel des métiers de bouche, un secteur particulièrement gourmand en apprentis.

Poissonnier, pâtissier, boucher, traiteur, écailler, boulanger, chocolatier... Dans le secteur des métiers de bouche, les possibilités sont nombreuses. D'ailleurs, les postes à pourvoir sont multiples, le renouvellement du personnel étant régulier. Selon l'Insee, en France, il existe plus de 90 000 commerces de bouche qui emploient environ 330 000 personnes. Des professions qui, depuis longtemps, ont décidé de miser sur l'alternance pour recruter. Et pour cause, les jeunes arrivent souvent sur le marché du travail au cours d'un CAP ou d'un bac professionnel.

Des professions qui recrutent

Que ce soit dans la grande distribution ou chez les commerçants, les métiers de bouche embauchent un nombre croissant d'alternants. « Traditionnellement, dans ce secteur, l'apprentissage est le premier vecteur d'acquisition de compétences de la profession, explique Hervé Benoist-Gironière, directeur de la formation à la Confédération nationale de la boulangerie-pâtisserie française. C'est la voie que les professionnels privilégient pour la transmission de leur savoir », ajoute-t-il.

C'est pourquoi beaucoup de jeunes s'engagent dans cette voie. Si les garçons sont toujours aussi nombreux à vouloir exercer les métiers de boucher, pâtissier ou boulanger, de plus en plus, les filles aspirent à choisir la vente. Une activité qui est partie prenante des métiers de bouche.

« Aujourd'hui, il y a environ 20 000 apprentis en boulangerie-pâtisserie en France, expose Hervé Benoist-Gironière. Un chiffre stable depuis plusieurs années. Le seul problème que nous avons et sur lequel nous essayons de progresser, c'est le faible nombre de maîtres d'apprentissage. Pour le moment, seuls 10 % de nos entreprises peuvent embaucher des apprentis, c'est beaucoup trop peu, car il y a toute une génération qui doit prendre la relève ».

Responsabilités et rémunération

L'alternance est une « vraie école de la vie » pour faire son entrée sur le marché de l'emploi, avec des responsabilités et un salaire. « La boucherie est un métier dit “en tension” : les employeurs ont des difficultés à recruter donc, quand l'un de leurs employés travaille bien, ils le rémunèrent en conséquence pour ne pas qu'il parte », souligne Ayane Baldert, directeur du service orientation et formation de la Confédération française de la boucherie, charcuterie et traiteurs. « Le problème, c'est que les idées ont la vie dure, et que la profession de boucher n'a pas une image très attractive, alors que la vie quotidienne est plutôt plaisante, à 35 heures comme les autres. »

Pour autant, un nombre croissant de jeunes décident de se lancer dans cette branche. Cela a notamment été le cas de Michaël, qui a décidé de se réinsérer après être sorti du système scolaire grâce à une formation en alternance de boucher.

« Le boucher derrière son plan de travail, c'est un stéréotype. Bien exercer ce métier consiste à connaître les morceaux, savoir les présenter... Sans oublier le contact avec la clientèle. Au départ, le rapport au client est impressionnant, et finalement on finit par rigoler avec eux... Au final, je me suis véritablement découvert, et je suis désormais bien plus ouvert », se félicite aujourd'hui le jeune homme. À tel point qu'il a décidé de rempiler avec un CAP charcutier-traiteur. « Non seulement ce CAP m'ouvre de nouvelles portes, mais en plus il me permet d'être toujours formé tout en étant rémunéré.»

Devenir son patron ou partir pour d'autres horizons

Outre l'hygiène indispensable qu'impose la manipulation de produits frais, les jeunes apprentis doivent développer de nombreuses qualités lors de leur formation. Créativité, sens artistique, habileté manuelle : ils doivent rivaliser d'inventivité afin de donner envie aux clients de consommer leurs produits. Ils pourront ensuite mettre en pratique l'expérience acquise pour monter leur propre commerce.

« Mon but, à terme, serait de me mettre à mon compte. Nous en parlons déjà avec mon patron, mais je laisse du temps au temps », commente Michaël. Car l'alternance, dans les métiers de bouche, comme dans de très nombreux secteurs d'activité, peut être une bonne solution pour tous ceux qui souhaitent s'installer à court ou moyen terme à leur compte. Un bon apprenti, qui a su tirer le meilleur des enseignements théoriques et des conseils des professionnels, peut en effet devenir son propre patron. Car, pas besoin de diplôme de commerce pour croquer l'entrepreneuriat lorsque l'on a son métier entre les mains.

Autre avantage non négligeable permis par l'alternance : partir à l'étranger. Stéphanie, qui vient de terminer un brevet professionnel de boucher en deux ans, souligne ainsi que « la boucherie française traditionnelle est très recherchée dans le monde entier. À l'étranger, les patrons ne cessent de recruter, notamment au Canada ou aux États-Unis. » La jeune fille a ainsi été embauchée par un recruteur américain, qui lui a non seulement payé le visa, mais également sa carte verte !

Dernière mise à jour : 18 juin 2015