Quels masters offrent le plus d'opportunités professionnelles ? Les recruteurs exposent leurs attentes et donnent leurs conseils.

L'entrée dans le monde du travail se prépare dès les études. Le conseil trouve tout son sens au moment de choisir son master. Alors que son intitulé viendra clôturer la rubrique "formation" du futur jeune diplômé, autant connaître les masters qui sauront arrêter le regard des recruteurs.

Attention aux classements

Selon la plupart des enquêtes et des classements, les entreprises ne jureraient que par une poignée de Grandes Ecoles. "Pour être chef de produit chez l'Oréal, il faut sortir de HEC ou de l'Essec", confirme Claire Vinchon, fondatrice de Small IZ Beautiful, cabinet spécialisé dans la mise en relation de PME et de jeunes diplômés. Mais la jeune femme expose d'autres voies : "beaucoup de petites entreprises ont développé de nouveaux produits et s'apprêtent à créer des postes commerciaux et marketing, qui seront de belles opportunités".

Car les PME, malgré leur statut de premier employeur de France, ne recruteront en général pas dans le peloton de tête des Grandes Ecoles. "Il y a même un gros complexe, elles pensent souvent que ces diplômés ne voudront jamais venir chez elles ou qu'elles ne pourront pas se permettre de leur offrir un salaire suffisant", décrit Claire Vinchon. "Elles sont moins fermées dans leurs recrutements, il y a plus de diversité", explique la jeune femme, "néanmoins ce n'est pas un recrutement au rabais".

A la recherche de nouveaux viviers

Une telle démarche se retrouve aussi dans les grandes entreprises, comme Ernst & Young, qui recrute 500 jeunes diplômés par an. "Nous recrutons parmi au moins 30 ou 40 écoles différentes", expose Frédéric Lachmann, un des responsables du recrutement de l'entreprise. "Les classements comptent nécessairement, dans la mesure où historiquement ils ont structuré le marché français de l'emploi et conditionné les salaires d'embauches", complète-t-il, "mais si recruter parmi les écoles les mieux classées donne l'assurance en moyenne d'avoir les meilleurs étudiants, ce n'est pas vrai individuellement".

Ces dernières années Ernst & Young a ainsi eu tendance à ouvrir son recrutement à d'autres formations. L'explication est simple pour Frédéric Lachmann : "le marché de l'emploi est de plus en plus tendu. Nous sommes directement en concurrence avec les secteurs de la banque et du conseil en stratégie. De plus, avec les départs à la retraite, les entreprises ont besoin de renouveler leurs cadres". Devant cette nécessité de diversifier son recrutement, Ernst & Young s'est également ouvert aux formations universitaires de niveau Bac +5, auprès desquelles l'entreprise effectue actuellement près de 25 % de ses recrutements.

Le développement des masters spécialisés et masters professionnels permet à l'université de rivaliser de mieux en mieux avec les écoles. "Un de mes clients, qui avait repéré un master spécialisé de la fac, ne souhaitait que des diplômés issus de cette formation, car elle correspondait exactement à ses besoins", témoigne Claire Vinchon. De manière générale, la jeune femme prône l'action de terrain : "il faut rencontrer les entreprises, les professeurs, les anciens étudiants, afin de trouver le bon master pour soi-même et pour son projet professionnel".

La dictature des "3 parisiennes"

HEC, ESCP Europe et l'Essec : ces trois écoles de commerce sont vissées en tête de tous les classements et assurent les meilleurs salaires à leurs diplômés.

Côté écoles d'ingénieurs, le trio de tête est composé de Polytechnique, Centrale et les Mines.

Les enquêtes d'insertion professionnelle

C'est une tradition ancienne dans les écoles et qui se systématise dans les universités. Les établissements effectuent souvent des enquêtes d'insertion professionnelle de leurs diplômés de master. Elles permettent de connaître les débouchés de chaque diplôme et même de repérer certains de leurs recruteurs réguliers.