Difficile de se repérer parmi les différents statuts et appellations qui définissent le diplôme de master. Orientations détaille les différences entre ces nombreux intitulés.

Un master peut en cacher un autre. En matière de diplômes, il présente sans doute la plus grande variété allant du simple "master" au "mastère" en passant par le "master of science" ou encore le "master professionnel". Avant de commencer l'exploration des formations, une mise au point s'impose.

Le grade de master

Attention, le master est à la fois un diplôme et un grade. C'est en fait le petit dernier des grades universitaires, venu s'ajouter au baccalauréat, à la licence et au doctorat, créés sous leur forme au début du 19e siècle. Le grade de master est lui issu de la déclaration de Bologne du 19 juin 1999, destiné à créer une architecture commune de cursus et de niveaux comparables.

Le grade de master est conféré par l'obtention du diplôme national de master (DNM), délivré par les universités, mais également par d'autres formations de niveau bac+5. C'est le cas des titres d'ingénieurs, des diplômes des Instituts d'études politiques (IEP) et des diplômes des universités de Lorraine et Paris-Dauphine*.

D'autres établissements, comme les écoles d'art, d'architecture et les écoles de commerce peuvent également se voir attribuer, après évaluation, le grade de master pour un ou plusieurs de leurs diplômes, pour une durée de un à six ans. En résumé, un diplôme peut ne pas s'intituler master, et en avoir tout de même le grade.

Lors de sa création, en 1999, le grade de master portait le nom de "mastaire". Lorsqu'ensuite fut introduit, en 2002, le diplôme national de master, son nom a été modifié. L'appellation est plus internationale, mais également plus difficile à protéger par l'Etat.

Le diplôme national de master

Côté diplôme, le master renvoie avant tout au "diplôme national de master". Il ne peut être délivré que par un établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel (EPSCP). Autrement dit, les universités et un peu plus d'une cinquantaine d'autres établissements tels que Sciences Po, les Mines ou Normale Sup.

La formation dispensée comprend de nombreux enseignements théoriques et méthodologiques, mais aussi, une initiation à la recherche avec, entre autres, la rédaction d'un mémoire ou de travaux d'études.

MS et MSC : les labels de la CGE

En France, les grandes écoles ont vu d'un mauvais œil arriver le diplôme national de master. Elles craignaient qu'il n'amène une confusion avec leur "Mastère" qui existait depuis plus de 20 ans. La Conférence des Grandes Ecoles (CGE), confrontée au problème de reconnaissance des niveaux de compétences et de la qualité des formations, a en effet mis en place ses propres labels.

Le premier, le Mastère Spécialisé (MS), a été créé en 1983 pour des formations de niveau bac+4 ou 5. «  Il garantit la vocation professionnelle affirmée, la rigueur et la technicité des enseignements dispensés », explique la CGE sur son site. Pour être accrédités, les cursus sont évalués sur leur adéquation avec les besoins professionnels, le volume horaire et la durée de la formation, l'obligation d'effectuer une mission en entreprise et de soutenir une thèse professionnelle. Il existe actuellement 75 programmes Mastères Spécialisés

Le Mastère en science (Msc) a été créé lui en 2002. Il « s'adresse principalement à des étudiants étrangers désireux de parfaire leur formation dans une grande école française », détaille la CGE.

Il est attribué à des formations dispensées principalement en langue anglaise, sur un minimum de trois semestres, sur une durée de trois ans maximum, et doit déboucher sur la soutenance d'un mémoire de recherche. Il existe actuellement 58 Msc accrédités par la CGE.

Les « Master of »

Le master étant une appellation de diplôme anglo-saxonne, il ne bénéficie pas de la même protection que les autres diplômes habilités par l'Etat. Certains établissements privés peuvent choisir l'intitulé de master pour leurs propres diplômes, généralement de niveau bac+4 ou bac+5. Ces titres pourront s'appeler mastère (non spécialisé car ce label est protégé par la CGE) ou mastère professionnel.

Ils peuvent également reprendre les intitulés anglais, généralement Master of science (MSc), pour des cursus scientifiques et Master of Art (MA), pour des cursus Sciences Humaines, qui sont les plus répandus. Les MSc et MA sont le plus souvent enseignés principalement en anglais, et comportent la rédaction d'un mémoire.

Enfin, le Master of Business Administration (MBA) s'adresse d'abord à des professionnels expérimentés. Il est également proposé par certaines écoles à leurs élèves après un diplôme de niveau bac+4/5.

L'absence de label de la CGE ou de reconnaissance de grade par l'Etat n'est pas forcément synonyme de mauvaise qualité. Dans le cas d'un programme nouvellement créé, l'établissement peut en outre ne pas avoir encore fait les démarches, souvent lourdes, d'accréditation et d'habilitation.

Avant de s'engager, mieux vaut néanmoins se renseigner attentivement sur le diplôme. Il faut en particulier s'interroger sur les possibilités de poursuites d'études et la reconnaissance de la formation par d'autres établissements, sur les critères de recrutement des élèves, les débouchés (en lisant avec attention les enquêtes d'insertion professionnelle des anciens), aux partenariats avec les entreprises et à la qualité des professeurs et des intervenants.

* Les universités de Lorraine et Paris-Dauphine possèdent le statut particulier de "grand établissement".

Dernière mise à jour : 18 mars 2015