Le niveau de compétences atteint avec un master permet de s'insérer facilement dans la vie active avec de hautes rémunérations et des responsabilités.

De meilleures conditions d'emploi

En période de crise, il est légitime de se demander quelle formation permettra d'entrer dans la vie active dans les meilleures conditions. Premier constat, les chiffres de l'insertion professionnelle sont très dépendants de la filière d'étude. Pour ce qui est du niveau de diplôme, les taux d'emploi varient de 85 % à 95 %. Mais pas forcément en fonction du nombre d'années d'études. Les BTS, DUT et licences professionnelles s'insèrent aussi bien que certains masters. Ce n'est donc pas sur ce seul critère que les étudiants se basent pour prolonger leurs études.

"Le niveau bac+5 [...] permet aux jeunes diplômés d'avoir des positions de cadre et des salaires nettement supérieurs à ceux des niveaux inférieurs", notent Julien Calmand, Dominique Epiphane et Pierre Hallier dans leur enquête "Génération" pour le Centre d'études et de recherches sur les qualifications (Céreq).

Entrer dans la vie active par la grande porte

Selon l'étude, plus de 2/3 des jeunes ayant décroché un master sont cadres trois ans après leur sortie de formation. Les disparités restent importantes selon le diplôme : en école d'ingénieurs, ils sont près de 9 sur 10 à obtenir un poste de cadre alors que pour les masters de recherche, ils ne sont que 56 % à y parvenir.

Reste que la comparaison avec les diplômes de niveau II (Licences, bachelor...) et III (BTS, DUT, DEUST...) est édifiante. Trois ans après la fin de leurs études, seuls 5 % des BTS, 13 % des DUT et 15 % des licences atteignent le statut de cadre.

"Les formations de niveau bac +5, notamment celles des grandes écoles très axées sur le management, permettent d'avoir les compétences suffisantes pour encadrer des équipes et gérer un projet de A à Z. Pour les autres, il faudra attendre plusieurs années avant d'occuper des postes à responsabilité. Le master fait gagner un temps considérable sur son plan de carrière", affirme Cédric Voix, responsable de recrutement chez L'Oréal.

Un diplôme en or

Les titulaires de master décrochent des postes plus haut placés et les salaires augmentent en conséquence. Ils varient de 1 680 euros pour les masters recherche à 2 300 euros en moyenne pour les masters d'écoles de commerce ; contre 1 460 euros en moyenne pour les diplômés de licence et 1 400 euros pour les bac +2.

De bac à bac+5, les conditions de travail s'améliorent avec le niveau du diplôme. La palme aux masters pour le niveau des salaires et des postes, ainsi que pour la stabilité de l'emploi. Les diplômés bac+5 sont près de 85 % à occuper un emploi à durée indéterminée trois ans après la sortie de leur diplôme (contre 70 % pour les licences générales, 81 % pour les licences professionnelles et 71 % pour les bac+2 professionnels).

Une marque de confiance des recruteurs pour ce niveau d'études : "Ces diplômés sont, le plus souvent, mieux disposés à s'impliquer personnellement dans un projet d'entreprise", estime Jérôme Eymery, responsable du département recrutement chez Areva.

Un gage de maturité

A l'université, les quatre ans qui amènent au master I sont consacrés à l'acquisition d'un grand nombre de connaissances avec une certaine spécialisation au fil du temps. "Poursuivre par un master 2 permet de révéler de nouvelles compétences qui viennent en complément de savoirs acquis lors de son parcours", explique Jean-Claude Piat, Vice-président de l'Orientation et de l'insertion à l'Université Paris 13.

"Plus grande capacité de réflexion et de synthèse", "des qualités poussées d'analyse"... Les recruteurs ne tarissent pas d'éloges à propos des diplômés de niveau bac +5. Pour Jérôme Eymery, "les parcours master forment des têtes bien faites avec une approche plus personnelle et innovante de leur travaux".

Jean-Claude Piat abonde dans ce sens. S'il rappelle que les titulaires d'un diplôme bac +4 universitaire sont tout à fait prêts pour intégrer la vie active, il avoue "qu'en master 2, on gagne en maturité. L'ambiance de travail n'est pas la même. Elle est plus proche de celle d'un laboratoire ou d'une entreprise. Les étudiants s'y considèrent presque plus comme des collègues de bureau que comme des camarades de classe".

De plus, les programmes sont le plus souvent articulés autour d'un stage de quelques mois : "Pour certains, il s'agit de la première expérience en l'entreprise. L'occasion de confronter leurs compétences à des situations concrètes. Un plus indéniable sur le CV", avance le recruteur de l'Oréal.

L'épanouissement des étudiants

Sur le plan personnel, les diplômés y retrouvent également leur compte. Sabrina, titulaire d'un master ressources humaines de l'Université Aix-Marseille 3, avoue qu'elle n'était plus la même à la sortie de son master : "J'ai terriblement gagné en confiance au cours de ce cursus. Avant, je n'avais qu'une idée minime de ce dont j'étais capable. Je ne savais pas trop quoi faire de toutes les connaissances que j'avais acquises. Mais, aussi bien grâce au stage qu'aux professeurs, je suis passée au stade supérieur, me permettant de débuter ma carrière sous les meilleurs auspices".

Dans les écoles de commerce et les écoles d'ingénieurs, la dernière année avant l'obtention du diplôme est souvent celle de la spécialisation. Les étudiants choisissent une "majeure" qui déterminera leur domaine d'études privilégié, ainsi que plusieurs "mineures". Ces dernières sont des groupes cohérents de modules électifs qui permettent aux étudiants d'acquérir une compétence spécifique dans un domaine particulier.

"Lors de ma dernière année, J'ai eu l'occasion de plancher sur un projet d'électronique pour les énergies renouvelables. Un vrai défi qui m'a demandé des heures de travail. Si les profs m'ont accompagné, on était trois à développer un produit concret qui a fini par intéresser certaines grosses entreprises. Ça fait une belle carte de visite pour entrer dans la vie active", affirme Florent, diplômé d'une école d'ingénieurs.

Les parcours des grandes écoles se concluent également la plupart du temps par un stage de fin de cursus, élément déterminant pour l'insertion professionnelle. Dans sa dernière enquête, la Conférence des Grandes écoles révèle d'ailleurs que 38 % des jeunes diplômés en 2009 ont trouvé leur premier emploi grâce à ce stage. "Pour la première fois, je n'étais plus considéré comme un étudiant en stage. Cela me faisait plus l'impression d'être en période d'essai. Très vite, j'ai compris que mon entreprise me testait pour une possible embauche à la clé", se souvient Emilie, diplômée d'une école de commerce et aujourd'hui Manager dans la grande distribution.