Des points forts aux points faibles, en passant par les pistes d'amélioration, le déficit de reconnaissance... La directrice de l'école de gestion et de commerce (EGC) Martinique répond aux questions d'Orientations.

Quels sont les trois points forts actuels du bachelor et, a contrario, les trois principales faiblesses de ce diplôme ?

Marie-Claude Pastureau, directrice de l'EGC Martinique Marie-Claude Pastureau, directrice de l'EGC Martinique
Marie-Claude Pastureau,
directrice de l'EGC Martinique

"Les trois points forts du bachelor sont la polyvalence du programme, la dimension internationale et le bon niveau des étudiants intégrant le programme, qui devient une alternative à la classe prépa.

A contrario, le premier point faible du bachelor est de ne pas être pris en compte dans les classements si l'on n'est pas adossé à une école supérieure de commerce (ESC) ! Et pourtant, vous devriez voir la qualité de nos étudiants ! Seconde faiblesse : l'entrée en première année des jeunes qui n'ont aucune connaissance du monde de l'entreprise, et trois ans, c'est presque court.

Enfin, le troisième point faible est le manque de notoriété que peuvent avoir certains bachelors. Ce n'est pas le cas de la Martinique, qui a une présence forte dans l'arc antillais, mais l'insularité favorise cela avec un accès aux médias facilité, un accès aux entreprises et dans les lycées."

Quels sont aujourd'hui les éléments qui font la différence entre un bon et un très bon diplôme bachelor ?

"La qualité d'un bachelor vient de la possibilité que l'on offre aux étudiants de faire des stages de qualité et la mobilité internationale. Un autre élément vient de l'apprentissage par projets, mais avec des projets très encadrés et d'une certaine envergure.

Et il faut quand même un nombre d'heures de cours suffisant, et ne pas tout remplacer par le e-learning, qui réduit fortement la capacité à analyser, diagnostiquer et faire des propositions stratégiques.

Les "bons" bachelors sont ceux qui sont adossés à des programmes grandes écoles, mais il faudrait prendre en compte d'autres critères. Le rapport qualité/prix serait ainsi surprenant."

Quelles sont, selon vous, les bonnes raisons pour lesquelles il faut opter pour un bachelor ? Et les mauvaises ?

"Au niveau des bonnes raisons, le bachelor est un programme adapté à un jeune qui a envie de très vite se confronter à la vie professionnelle tout en ayant une formation de haut niveau, lui permettant soit une entrée dans la vie active, soit une poursuite d'études. Il est également possible de mettre en avant le choix qu'offre cette formation, qui n'oblige pas à s'orienter au préalable. Sans oublier le niveau trilingue à la sortie et les expériences à l'étranger.

Concernant les mauvaises raisons, les élèves peuvent penser à tort que le rythme sera cool parce qu'il s'agit d'une école et que l'on paye pour y rentrer. Il faut aussi éviter d'avoir la "grosse tête" à la sortie, en s'attendant s'installer dans un bureau de PDG, ou encore ne venir que parce que l'on n'a pas envie d'aller en classe prépa."

Le nombre de diplôme bachelor est en plein développement depuis un certain temps. Ce dynamisme va-t-il continuer selon vous ?

"Cela est difficile à dire, mais ce serait dommage que ce programme ne se développe que dans le cadre de grosses structures, et ne devienne qu'un cursus alimentant les ESC. Il y a beaucoup d'autres objectifs à se fixer. Pour côtoyer les écoles supérieures de commerce, qui font du volume avec ces programmes, je regrette que le niveau de leurs étudiants ne soit pas à la hauteur, mais ils le seront dans le classement car elles ont beaucoup de budget communication... Et les jeunes se laisseront influencer par les classements.

L'EGC Martinique est relativement protégée d'une concurrence sauvage, affiche d'excellents taux de placement et de belles poursuites d'études. Mais, malheureusement, elle ne figurera jamais dans un classement alors que la sélectivité est très supérieure à beaucoup d'écoles affichant des effectifs de 300 étudiants par promotion et 80 % de cours en e-learning."

L'IFOP a dévoilé, il y a un an désormais, une étude révélant la relative méconnaissance des recruteurs quant au diplôme bachelor. Qu'en est-il aujourd'hui et comment procéder pour davantage faire connaître ce diplôme auprès des recruteurs ?

"Il semble qu'il y ait une meilleure connaissance des bachelors par les recruteurs. Pour faire connaître ces programmes, il faut être très présent avec les entreprises. Tous les stagiaires sont visités, et c'est l'occasion d'échanger avec les professionnels."