Une vingtaine de lycéens mineurs ont été présentés jeudi matin devant le procureur après s’être mobilisés contre Parcoursup.

Mardi, alors que 810 000 lycéens attendaient leurs premières réponses d’admission post-bac sur Parcoursup, une centaine de futurs bacheliers ont tenté d’occuper le lycée Arago situé dans le 12e arrondissement de Paris. Venus manifester aux côtés des fonctionnaires contre la nouvelle procédure d’accès à l’enseignement supérieur, 102 élèves ont finalement été interpellés par les forces de l’ordre et placés en garde à vue.

40 mineurs au commissariat

 
Tout s’est passé très vite. Mardi après-midi, selon la préfecture de police, le proviseur du lycée Arago a demandé l’intervention des forces de l’ordre après avoir constaté l’intrusion d’une centaine de personnes dans son établissement. D’après le syndicat Solidaires étudiants, les élèves auraient voulu tenir une assemblée générale au sein du lycée pour « discuter de la suite à donner au mouvement ».  Quelques heures plus tôt, la ministre de l’enseignement supérieur avait annoncé que seule la moitié des lycéens inscrits sur Parcoursup recevraient une réponse positive pour entrer dans l'enseignement supérieur à la rentrée prochaine dès 18 heures.

D'après Corinne Audouin, journaliste pour France Inter, « l'intrusion au lycée Arago (...) aurait causé des dégradations : portes fracturées, tablettes numériques volées, tags, gardien bousculé ». Au total, sur les 102 personnes interpellées, principalement des lycéens, 40 étaient mineurs. D’après la CGT et Solidaires étudiants, les élèves auraient alors été enfermés dans des bus pendant quatre heures avant d’être transférés dans une vingtaine de commissariats parisiens. Inquiets, certains parents auraient cherché leurs enfants toute la nuit avant d’apprendre leur arrestation le lendemain matin. Des conditions de détentions et une absence d'informations dénoncées par la fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) dans son communiqué.

De son côté, la police a affirmé qu'elle avait été débordée par les évènements. Selon elle, plusieurs lycéens n'avaient pas leur téléphone lors de leur interpellation, certains ne connaissaient pas les numéros de leurs parents et d'autres ne voulaient pas les mettre en courant, d'où le manque d'informations adressées aux familles.

Les lycéens déférés devant le juge

Après avoir passés 48 heures en garde à vue, 27 mineurs (et non 33 comme mentionné précédemment) ont finalement été entendus jeudi matin devant le tribunal de grande instance de Paris. Dont quatorze devant le juge pour enfants pour des faits plus sérieux et treize devant un substitut du procureur pour un rappel à la loi. Selon la journaliste Corinne Audouin, les mineurs présentés au juge seront mis en examen et convoqués ultérieurement devant le tribunal.

Pour les autres lycéens qui n’ont finalement pas été présentés devant le juge : soit leur garde à vue a été prolongée ou levée, les autres seront convoqués prochainement. 

Des parents d’élèves mécontents

Des décisions aberrantes aux yeux de certains parents. Dès mercredi soir, parents d’élèves, lycéens, étudiants et syndicats se sont réunis devant le lycée Arago pour protester contre ces arrestations. Jeudi matin, ils se sont à nouveau rassemblés devant le tribunal avec le soutien de la France Insoumise et de la FCPE. Jeudi dans Libération, le père d'un lycéen a affirmé qu'il était prêt à saisir le Défenseur des droits, considérant que la mise en examen des mineurs était « une mesure politique ».

Les personnels venant d’autres lycées alentours comme le lycée Voltaire et Hélène Boucher ont publié un communiqué pour demander la libération des élèves. Tout comme le syndicat Solidaires étudiants qui attend également « l’abandon de toutes les charges » contre les personnes interpellées.

Le premier syndicat lycéen, l’UNL s'est dit « indigné par [cette] répression ». Il a également souhaité apporter son soutien aux lycéens en affirmant sur Twitter : « On ne se laissera pas faire. »

Tout comme le syndicat général des lycéens (SNL) qui estime que la garde à vue des lycéens est « une honte dans un état de droit ».

Du côté du gouvernement, seul Gérard Collomb a réagi en marge des événements en affirmant que « parmi les gens qui commettent des actes violents, vous avez aussi des mineurs donc à partir de là les forces de police font respecter la loi ».