Découvrez les programmes éducation et jeunesse des deux candidats qualifiés pour le second tour de l’élection présidentielle.

C’est un thème qui n’a presque pas été abordé pendant la campagne présidentielle, ou en tout cas pas suffisamment quand on connaît son importance. Qu’en est-il de l’éducation ? Lors de la campagne, Orientation-Education vous permettait de découvrir les programmes éducation et jeunesse des onze candidats. Certains étant très travaillés, d’autres beaucoup moins. 

Des positions différentes sur l’éducation

Après le premier tour, plus que deux candidats sont en lice pour devenir le ou la prochain.e président.e de la république française. 

Emmanuel Macron, arrivé en tête du premier tour avec 24,01 % des suffrages exprimés, s’installe dans une continuité de l’éducation que l’on connaît actuellement, tout en promettant de réformer du bac et de donner plus d’autonomie aux universités

Marine Le Pen, deuxième avec 21,30 % des voix des votants, veut revenir à des valeurs de l’école plus conservatrices et traditionnalistes et mettre en place le port de l’uniforme, l’apprentissage dès 14 ans, et une « sélection au mérite » à l’université. 

Décryptage des propositions des deux candidats.

Valeurs et moyens

Les premières différences entre les deux candidats se font sentir sur le sens donné à l’éducation. 

Le Pen : Laïcité, apprentissage du français et port de l’uniforme 

Marine Le Pen veut imposer laïcité, neutralité et sécurité à l’école, redonner de l’autorité aux enseignants et imposer le port de l’uniforme. La candidate frontiste entend également abroger la réforme des rythmes scolaires.

Macron : plus d’enseignants et moins d’élèves par classe

Pour Emmanuel Macron, une meilleure éducation passerait par un meilleur suivi des élèves. Pour cela, il propose de réduire les effectifs dans les classes de CP, CE1 et en zone d’enseignement prioritaire (ZEP). Il souhaite s’inscrire dans la ligne de créations de postes prise sous le quinquennat de François Hollande et promet entre 4 000 et 5 000 enseignants supplémentaires. Les enseignants en REP+ auront minimum trois ans d’expérience et toucheront une prime de 3 000 € nets par an.

Emmanuel Macron défend par ailleurs une plus grande autonomie des établissements scolaires et compte laisser le choix aux communes de sortir de la réforme des rythmes scolaires. Par ailleurs, il veut faire interdire l’usage des portables dans les écoles et collèges.

Ecole et collège

Macron : renforcer l’accompagnement des élèves

Le leader d’En Marche ! souhaite donner la priorité aux fondamentaux (lire, écrire, compter) à l’école. Au collège, il compte renforcer l’accompagnement des élèves, qui passera notamment par le rétablissement des études dirigées après les cours, assurées par des étudiants et retraités bénévoles. Il compte aussi rétablir les classes bilangues en 6e et les sections européennes. Enfin, il veut mettre en place des dispositifs d’orientation qui s’étendront jusqu’au lycée. 

Le Pen : supprimer le collège unique

A l’école primaire, Marine Le Pen veut redonner la priorité à l’apprentissage du français, auquel elle compte dédier la moitié du temps scolaire. Elle veut aussi supprimer l’enseignement des langues et cultures d’origine (Elco).

La candidate frontiste veut supprimer le collège unique et créer des filières professionnelles d’excellence. Là encore, elle veut donner plus de temps à l’apprentissage des fondamentaux en supprimant le principe d’interdisciplinarité voulu par la réforme du collège de 2016.

Lycée et bac

Le Pen : rehausser le niveau du bac

Pour Marine Le Pen, le baccalauréat est « dévalorisé dans le cursus professionnel des élèves ». Dans une interview donnée à l’Etudiant, elle indique vouloir le pérenniser tout en lui redonnant sa valeur et le faire redevenir un diplôme de sélection et d’orientation. Ce qui passerait entre autres par le maintien des options et la hausse du niveau d’exigence

Macron : réforme du bac

Emmanuel Macron propose de réformer le baccalauréat : quatre matières seulement feront l’objet d’un examen final, les autres seront jugées en contrôle continu. L’idée derrière cette « modernisation » serait de « rendre possible de nouvelles formes d’organisation du temps scolaire et de nouveaux parcours », afin de mieux préparer les élèves à la poursuite d’études et à l’insertion professionnelle.

Apprentissage

Macron : généraliser l’alternance

Emmanuel Macron promet « un effort massif » sur la question de l’apprentissage, aujourd’hui « cantonné dans les filières les plus techniques et manuelles ». Pour cette généralisation, il compte notamment affecter l’intégralité de la taxe d’apprentissage à son financement

Il veut faire de l’apprentissage « la voie d’accès dominante aux emplois de qualification moyenne ». Pour le rendre plus attractif, il envisage notamment une simplification administrative (un seul contrat, rassemblement des aides et subventions…).

Le Pen : alternance dès 14 ans

Marine Le Pen rejoint son concurrent sur la question de l’apprentissage, qu’elle souhaite aussi « développer massivement ». Elle compte pour cela le rendre accessible dès l’âge de 14 ans, contre 16 aujourd’hui. 

Désireuse de « rendre la formation professionnelle plus efficace, moins opaque et moins coûteuse », elle souhaite également créer des lycées professionnels et technologiques « de la seconde chance » pour les élèves ayant quitté le système scolaire sans diplôme.

Enseignement supérieur

Le Pen : sélection au mérite

La candidate frontiste veut « passer d’une sélection par l’échec à une sélection au mérite » et refuse le tirage au sort opéré par APB. Opposée à une augmentation des frais de scolarité, Marine Le Pen veut aussi renforcer « la complémentarité » entre université et grandes écoles.

Alors que son parti est surveillé de près par la justice européenne, la candidate du FN compte par ailleurs supprimer l’Ecole Nationale de la Magistrature (ENM) et créer une filière de formation continue aux carrières judiciaires.

Macron : plus d’autonomie pour les universités

Le candidat d’En Marche ! veut renforcer l’autonomie des universités, qui « pourront recruter leurs enseignants et définir leurs formations ». Il est favorable à la sélection des étudiants à l’entrée de l’université, mais entend faire afficher les pré-requis nécessaires sur la plateforme APB.

Jeunesse (bourses, logement, emploi…)

Macron : 80 000 nouveaux logements

Emmanuel Macron a prévu la construction de 80 000 nouveaux logements : 60 000 pour les étudiants et 20 000 pour les jeunes actifs. Il souhaite aussi généraliser la Garantie jeunes à 200 000 jeunes.

Souhaitant favoriser la culture, le candidat a proposé la mise en place d’un « pass culturel » d’une valeur de 500 €, mis à disposition de tous les jeunes le jour de leurs 18 ans. 

Le Pen : revaloriser les bourses au mérite

Parallèlement à la « sélection au mérite » qu’elle propose pour l’université, Marine Le Pen souhaite revaloriser les bourses au mérite

Pour le logement, la candidate d’extrême-droite promet la mise en place d’une « Protection-Logement-Jeunes », qui comprend la création de logements étudiants et une revalorisation de 25 % des APL pour les moins de 27 ans.

Enfin, Marine Le Pen entend transférer aux établissements la charge de trouver une offre de stage à chaque étudiant et s’engage à créer un dispositif « premier emploi », qui vise à exonérer totalement de charges la première embauche d’un jeune de moins de 21 ans, pour une durée de deux ans.