Hier, mercredi 6 avril, le gouvernement a reçu les principales organisations de jeunesse pour discuter de la loi travail. La plupart d'entre elles regrette qu'aucun retrait de loi ne soit envisagé et appelle à poursuivre la mobilisation.

Les principaux syndicats lycéens et étudiants (Unef, Fage, Fidl, SGL, UNL) ont été reçus, mercredi 6 avril 2016, au ministère de l'éducation nationale. Najat Vallaud-Belkacem, Myriam El Khomri et Patrick Kanner, respectivement ministres de l'éducation, du travail et de la jeunesse ont discuté de la loi travail avec les représentants des organisations de jeunesse. 

Du dialogue, mais pas de retrait

Pour William Martinet, président de l'Unef, cette réunion « utile » a installé « un cadre de dialogue positif ». Malgré tout, « il y a des désaccords qui persistent sur le projet de loi travail, qui va précariser les salariés et les jeunes, et le gouvernement refuse de faire marche arrière », a-t-il regretté à l'issue de la rencontre. C'est pourquoi il invite les jeunes à « rester mobilisés » contre la loi El Khomri, dont il demande toujours le retrait. Il a notamment appelé à prendre part à la prochaine manifestation, samedi 9 avril, qu'il juge « déterminante ».

Les contre-propositions présentées par le premier syndicat étudiant de France ont été « écoutées », estime son président, qui souhaite « mettre fin au bizutage social ». Ses propositions portaient notamment sur « l'accès à l'emploi stable », « un meilleur accès des jeunes aux droits sociaux avec un prolongement des bourses dans les mois qui suivent l'obtention du diplôme » ou encore une « augmentation de la rémunération des apprentis ».

« Il y a une vraie demande de la jeunesse »

« La Fage ne demande pas le retrait de ce projet de loi », a déclaré Alexandre Leroy, président de la fédération étudiante. Il dit en effet avoir constaté, dans la seconde version du texte, « que la philosophie du projet de loi était satisfaisante. La précédente discussion a permis de créer la garantie jeunes pour aider les jeunes sans diplômes qui galèrent. »

Le président de la Fage espère à présent voir des mesures se développer en direction des « jeunes diplômés qui ne trouvent pas d'emploi ». Plus globalement, il attend « une nouvelle séquence politique » ciblée sur « le logement, la santé et la citoyenneté ». « Le gouvernement doit apporter des réponses politiques car il y a une vraie demande de la jeunesse », prévient-il.

Des #nuitdebout dans les lycées ?

Les trois syndicats lycéens (Fidl, SGL et UNL), reçus en même temps, ont tous appelé à poursuivre la manifestation. S'ils se sont « sentis écoutés » (Fidl) et notent une « tonalité positive » (UNL), ils regrettent que « la rencontre avec le gouvernement [se soit] montré inutile sur la loi travail, sujet de qui a été écarté d'office » (SGL). Leurs revendications sont dans la lignée de celles de leurs ainés : précarité, chômage des jeunes, bourse après le diplôme ou encore revalorisation du statut des apprentis. La Fidl a par ailleurs condamnée les violences dans les manifestations, a appelle à tenir des nuits debout et des débats dans les lycées.