Le 9 février dernier, La Mutuelle des étudiants (LMDE) a été placée sous sauvegarde judiciaire pour une durée de six mois. A la recherche de nouveaux partenaires, la LMDE suscite depuis de nombreuses convoitises.

Une dette estimée à plus de 35 millions d'euros, des retards dans les remboursements : malgré de nombreuses difficultés financières, La Mutuelle Des Etudiants (LMDE) attire de gros investisseurs.

Une mise sous sauvegarde judiciaire

Placée sous sauvegarde judiciaire depuis le 9 février dernier, la LMDE est dans une période de transition. « Cette mise sous sauvegarde nous permet de faire un temps de pause, de renégocier nos dettes et de remettre à plat notre comptabilité », affirme la direction provisoire.

Elle permet également à la mutuelle de chercher de nouveaux partenaires. « Sur plusieurs services comme la finance/comptabilité, l'informatique et les ressources humaines, la LMDE est actuellement remplacée par la MGEN. Mais ce partenariat ne fonctionne pas, il faut donc trouver un autre partenaire », expliquent les représentants de la mutuelle.

De possibles repreneurs

Depuis quelques jours, les rumeurs vont bon train. « Actuellement, nous sommes au stade des auditions. Quatre acteurs différents se sont manifestés pour reprendre l'activité de complémentaire santé de la LMDE », informe la direction. Selon Mediapart, la Mutuelle nationale des hospitaliers (MNH), la Macif, Axa et la Mutuelle nationale territoriale (MNT) seraient sur les rangs.

« Il y a plusieurs éventuels repreneurs, confirme l'Union nationale des étudiants de France (Unef), seul syndicat étudiant à siéger au conseil d'administration de la LMDE. Mais avant qu'un accord ne soit conclu, nous devons nous mettre d'accord sur le projet politique. Sur ce sujet, des propositions ont été faites en termes de besoin et d'accompagnement des étudiants. »

« Nous n'hésiterons pas à nous servir de notre droit de véto »

Pour l'Unef, il est hors de question que la LMDE traite avec des partenaires assurantiels. William Martinet, président du syndicat étudiant, précise : « Les négociations se déroulent actuellement entre Anne-Marie Cozien, l'administratrice provisoire, et les possibles repreneurs. Nous n'avons pas exactement le détail. Néanmoins, nous avons une position de principe : nous ne souhaitons pas que la LMDE soit en partenariat avec un assureur privé, nous voulons trouver un partenaire mutualiste. »

Dans un mois, les élus auront à se prononcer lors de l'assemblée générale de la mutuelle des étudiants. « Si la direction provisoire privilégie Axa, nous n'hésiterons pas à nous servir de notre droit de véto », prévient William Martinet.

Des difficultés qui ne datent pas d'hier

Une question reste toutefois sans réponse. Comment la LMDE a-t-elle pu accumuler une dette si importante ? Créée en 2000, la mutuelle étudiante a remplacé la MNEF (Mutuelle nationale des étudiants de France) à la suite d'un scandale politico-financier. « Le vrai problème de la LMDE, c'est qu'elle a été créée sans fonds propres. A partir de là, effectivement, sa dette était inhérente », commente un membre du bureau national de l'Unef.

Pour la direction provisoire de la LMDE, « tout le bonheur que l'on peut souhaiter à la LMDE, c'est que les étudiants ne la gèrent plus car ils ne sont pas de bons gestionnaires ».

Alexandre Leroy, président de la Fédération des associations générales étudiantes (Fage), estime quant à lui qu'il serait « intéressant d'avoir une enquête sur les responsabilités. C'est facile de rejeter la faute sur les étudiants, défend-il. Je pense qu'il y a eu des défauts de gestion, des choix politiques et stratégiques qui n'ont pas été les bons. On se concentre sur les problèmes de la LMDE mais certaines mutuelles régionales n'en mènent pas plus large », ajoute-t-il.

Depuis 2004, la Fage s'est éloignée de la LMDE, en cessant de présenter des candidats aux élections du CA. « On ne souhaite pas la mort des mutuelles étudiantes, nous voulons la fin du régime autonome de sécurité sociale étudiante », argue Alexandre Leroy.

Dans ce système, la sécurité sociale étudiante réintégrerait l'assurance maladie, et les étudiants feraient partie de son conseil d'administration. Une proposition qui n'est pour le moment pas à l'ordre du jour. Le prochain CA de la LMDE, qui aura lieu courant mars, devrait donner de premières réponses sur l'avenir de la mutuelle étudiante.