A l’inverse des écoles d’ingénieurs ou des écoles de commerce, les universités publiques françaises ne subissent que très peu de concurrence entre elles, la majorité des filières étant non-sélectives et les priorités étant données aux candidats de la même académie. 

Malgré tout, les taux de réussite en licence font partie des résultats scrutés des universités. Si ces résultats ne sont généralement pas fameux, certaines universités sortent du lot. Soit en présentant des taux de réussite beaucoup plus forts ou faibles que la moyenne, ou alors en ayant des résultats très différents de ceux simulés au préalable.

Beaucoup d’abandon en première année

D’une manière générale, les derniers taux de réussite en licence publiés par le ministère de l’enseignement supérieur confirment une tendance observée depuis plusieurs années : de très nombreux étudiants abandonnent au cours de la première année. Dans l’ensemble, à la fin de la première année, c’est près d’un étudiant sur trois (27,8 %) ne se réinscrit pas dans son établissement, que ce soit en deuxième année ou en redoublement. 

En 2016, le taux moyen de passage en deuxième année est de 41,6 % (40,1 % en 2015), soit à peu près équivalent au taux de réussite de la licence en trois ans : 42,3 %. En revanche, en comptant ceux qui valident leur licence en quatre ans, c’est-à-dire avec une année de redoublement, le taux de réussite monte à 56,6 %

Le nombre d’inscrits n’importe pas dans la réussite

Mais ces résultats peuvent être très différents d’une université à l’autre. La note du ministère passe au crible les taux de passage et de résultat de 72 universités françaises. On observe que ce ne sont pas dans les plus grandes universités que l’on réussit le mieux

Les cinq universités qui enregistrent le meilleur taux de réussite en cinq ans ont entre 938 et 3 521 étudiants inscrits en L1 (en 2015), quand la plus petite (CUFR Mayotte) en compte 307 et la plus grande (Aix-Marseille), 6 175. Il s’agit de celles d’Angers (61,6 %), Lyon 2 (61,3 %), Paris 4 (59,4 %), l’INU Champollion (53,3 %) et Paris-Est-Marne-la-Vallée (53,2 %).

L’importance de la valeur ajoutée

Mais au-delà de la statistique pure, il convient de se pencher sur la valeur ajoutée. Celle-ci est calculée en fonction des profils des étudiants inscrits. Sachant que les réussites moyennes diffèrent selon plusieurs critères (discipline, filière suivie en terminale, mention au bac, origine sociale, etc…), des taux de réussites sont simulés pour chaque université française, en fonction de leurs panels d’étudiants. 

Résultats : certaines font largement mieux qu’attendu (Angers, Lyon 2, Corse, INU Champollion…), quand d’autres présentent des statistiques en deçà des espérances (Lille 1, Lille 3, Nice, Strasbourg…). 

Réussite en licence : le classement des universités 2018

L’ensemble des taux de passage en L2 et des taux de réussites en trois ou quatre ans, ainsi que les valeurs ajoutées pour chaque université est consultable dans le tableau ci-dessous. 

Inégalités selon le bac d’origine

En plus de ces statistiques brutes, la note du ministère fait état de fortes disparités selon le bac passé par les étudiants. Alors que la moyenne de passage en deuxième année est de 41,6 %, plus de la moitié des bacheliers généraux (50,8 %) y parviennent, contre seulement 13,6 % des bacheliers technologiques et 4,6 % des bacheliers professionnels. 

Une fois passé ce cap, les écarts se resserrent. Ainsi, les taux de réussite en un an en licence 3 des bacheliers pros (67,4 %) et technos (72,1 %) qui ont effectué la dernière année et passé le diplôme « ne sont pas très éloignés des taux moyens » (78,7 %).

Les résultats sont encore meilleurs en licence professionnelle : 88,9 % en moyenne, avec 86,5 % pour les bacheliers pro et 88,8 % pour les bacheliers technos.