Parfois taxée d'être sans intérêt, la lettre de motivation n'en demeure pas moins un passage obligé aux yeux des recruteurs, qui voient en elle un excellent moyen pour cerner la motivation réelle d'une recrue potentielle. Mais encore faut-il savoir faire la différence !

Si la lettre de motivation peut passer pour un exercice de style bien souvent secondaire, elle reste néanmoins nécessaire pour postuler à telle ou telle école ou répondre à une offre d'emploi d'une entreprise. Négliger cette étape formelle peut considérablement desservir le candidat, car si un choix s'impose entre plusieurs profils, une lettre de motivation personnalisée peut faire la différence. Souvent exigée en amont, lors de l'envoi du CV, elle peut également servir d'outil post-entretien pour déterminer si le candidat a bien intégré les enjeux liés au poste.

Remédier au syndrome du désintérêt

Mauvaise date, faute d'orthographe, tournure alambiquée, faiblesse de l'argumentaire quand il ne s'agit pas d'un modèle type trouvé sur le net... Certaines lettres de motivation entraînent directement les recruteurs dans les abymes de la démotivation à vous recruter.

Pour pallier le syndrome du désintérêt, il est recommandé de structurer cette lettre de motivation selon les règles en vigueur. "Mettre un titre précisant l'intitulé exact du poste ou de la formation peut sembler évident. Pourtant, nombreux sont les candidats à envoyer un mail sans objet. Une erreur qui en dit long sur le manque d'attention du postulant", précise Béatrice Finkelstein, consultante en recrutement au sein du groupe Manpower.

Il faut préciser au passage que la personnalité s'évalue lors de l'entretien et non par la lettre de motivation. Par conséquent, il est fortement conseillé de proscrire tous les qualificatifs ayant trait à votre personnalité pour préférer et insister sur les arguments autour des compétences réelles.

Structurer ses motivations

Il existe plusieurs méthodes pour présenter ses motivations. Ce qui compte véritablement, c'est d'organiser son raisonnement. "La lettre est certes moins formelle aujourd'hui, mais elle implique toujours de recourir à des éléments de fond qui sont l'objet d'une exigence accrue de la part des RH", souligne Manuelle Malot, directrice carrières et prospective du groupe EDHEC.

"Le candidat doit répondre point par point au descriptif du poste afin de démontrer qu'il possède la plupart des qualités requises pour l'emploi. Il faut créer un lien entre son propre parcours et le poste à pourvoir", détaille-t-elle.

Faire court et percutant

Dans le cadre d'une lettre de motivation classique, il convient d'évoquer, dans un premier paragraphe, l'actualité de l'entreprise et de son environnement business. Il s'agit là de trouver des arguments pertinents qui démontrent que le candidat a bien compris le positionnement de l'entreprise et son évolution sectorielle. Vient ensuite le deuxième paragraphe, au sein duquel le candidat aborde son parcours et ses expériences, tout en les corrélant à un maximum d'exemples concrets.

"Citer des chiffres renforce la crédibilité d'une lettre de motivation", confie Béatrice Finkelstein. À noter que les phrases doivent être courtes, percutantes et le style didactique. Enfin, le troisième paragraphe atteste de votre volonté à mettre vos compétences au service de l'entreprise.

Motivation spontanée, ce qui change...

Dans le cadre d'une lettre de motivation faisant suite à une candidature spontanée, l'entreprise n'a pas de besoins clairement identifiés. La lettre doit alors prendre une tout autre dimension. Béatrice Finkelstein affirme ainsi que "le plus judicieux est de rédiger un mail de 10 à 15 lignes, qui synthétise l'actualité de l'entreprise et expose son environnement. Il s'agit d'une excellente entrée en matière pour décrire par la suite le poste que l'on souhaiterait occuper au sein de l'organisation." Autrement dit, mieux vaut être proactif et avoir un projet à proposer pour apporter une valeur ajoutée à l'entreprise !