Alors qu’étudiants et enseignants contestent Parcoursup et la loi ORE, une cinquantaine de vice-présidents d’universités signent une tribune de soutien au projet du gouvernement. 

Parcoursup a trouvé des soutiens. Dans une tribune publiée vendredi 13 avril sur France Info, une cinquantaine de vice-présidents d’universités, d’enseignants et de doyens défendent la loi Orientation et réussite des étudiants (ORE) et la nouvelle plateforme d’accès à l’enseignement supérieur.

Constat d’échec

Les signataires dressent ce constat froid : « Seulement 28 % des étudiants obtiennent leur licence au bout de trois ans, et 41 % au bout de quatre ans. » Face à cet échec - qu’ils relativisent : « Un certain nombre de sortants rebondissent vers les filières courtes. » - , « il nous faut l’excellence », « il faut agir », martèlent-ils. 

C’est en ce sens qu’ils soutiennent la loi Vidal et le projet du gouvernement vis-à-vis de l’accès à l’enseignement supérieur. « La loi ORE qui nous est proposée n’est certainement pas parfaite aux yeux de tous, mais elle vise au moins à mettre en place les correcteurs de ce gâchis social », écrivent les auteurs. 

« Il faut agir »

Détaillant les effets de la loi, ils viennent contrer les arguments de contestataires, qui y voient l’instauration d’une sélection à l’entrée de l’université : « [La loi] garantit l’accès pour tout bachelier à l’enseignement supérieur, contrairement à ce qu’on voudrait nous faire croire. Pendant la formation, elle permet la mise en place de parcours adaptés qui n’ont pas d’autres objectifs que d’aider les étudiants à réussir leur projet. »

Ce dernier point est aussi un sujet de discorde, de nombreux enseignants estimant que les universités n’ont pas les moyens de mettre en place ces parcours de formation adaptée. Dans plusieurs universités, des enseignants se sont d’ailleurs joints aux mouvements étudiants de contestation de la loi ORE et ont également demandé les reports des partiels. 

A Rouen, le président de l’université annonce un libre accès

Mais les présidents d’universités ne parlent pas d’une seule et même voix. Joël Alexandre, président de l’université de Rouen, a ainsi annoncé vendredi 13 avril qui son université sera libre d’accès à la rentrée

Après une journée de blocage et d’assemblée générale, Fabienne Leconte, directrice du département Sciences du langage et membre du conseil d’administration de l’université a rapporté à Paris Normandie que « le président de l’université a annoncé qu’il renonçait à mettre en place les commissions d’examens de vœux ». 

Dans un communiqué, la présidence s’explique : « L’Université de Rouen Normandie réaffirme son attachement au principe fondamental de libre accès à l’enseignement supérieur. (…) L’établissement entend assumer ainsi ses responsabilités de service public ouvert à tous et faire de la réussite étudiante sa priorité. »