Le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche vient de publier son enquête relative au taux d'insertion professionnelle des diplômés 2010 de l'université. Si tous les diplômes ne se valent pas, la faculté demeure tout de même, dans son ensemble, un excellent rempart contre le chômage.

Alors que son autonomie pose encore quelques petits soucis, l'université semble relativement remplir sa mission de formation et d'insertion. Le ministère de l'Enseignement supérieur et de la recherche vient en effet de dévoiler la quatrième édition de son enquête relative au taux d'insertion professionnelle des diplômés 2010 de l'université.

L'étude porte sur les emplois occupés par les anciens étudiants, 30 mois après obtention de leur diplôme. "Je préférerais 24 mois, mais on a une difficulté en France : dans certaines filières, les jeunes mettent du temps à trouver un emploi stable", reconnait dans Le Monde Geneviève Fioraso, la ministre de l'Enseignement supérieur. Malgré tout, les taux d'insertion sont plutôt bons, même s'ils demeurent inégalitaires.

L'université demeure relativement prisée par l'entreprise

Académique, peu professionnelle : le temps où ces qualificatifs étaient utilisés pour parler de l'université semble être révolu, du moins auprès des entreprises ! En effet, six diplômés de l'université sur dix sont salariés dans une entreprise privée, et ce dans tous les diplômes d'études. "Il y a un réel décalage entre la perception de ce qu'est l'université aujourd'hui et la réalité. La formation universitaire bac+5 est très appréciée des entreprises", souligne Geneviève Fioraso. De fait, 90 % des titulaires d'un master, 91 % des titulaires de licences professionnelles et 88 % des titulaires d'un DUT sont ou étaient en poste au moment de l'enquête.

Il faut toutefois nuancer ces bons taux d'insertion, seulement 5,5 % des étudiants de 2010 ayant répondu à l'enquête. De plus, 87 % d'entre eux poursuivaient leurs études en 2012. En outre, pour s'insérer, les étudiants n'hésitent pas à faire quelques concessions. L'étude souligne en effet que 45 % des diplômés de masters travaillent en-dehors de leur région d'origine, quand c'est le cas de 40 % des titulaires de licences professionnelles.

Le diplôme, un rempart contre le chômage... inégal

L'université est donc un bon moyen de s'intégrer sur le marché de l'emploi. Le diplôme demeure en effet un excellent rempart contre le chômage. Un fait réaffirmé par l'enquête du ministère de l'Enseignement supérieur, qui souligne toutefois que toutes les formations ne sont pas logées à la même enseigne en la matière.

87 % des titulaires d'un master occupent un poste de cadre, contre 59 % des titulaires de DUT. Le salaire est également fonction du diplôme : plus le niveau est élevé, plus la rémunération sera conséquente. Le salaire médian net mensuel s'élève ainsi à 1 900 euros pour un master contre 1 400 euros pour un DUT.

Les cursus scientifiques tirent leur épingle du jeu

Sans surprises, ce sont les formations scientifiques qui sont en tête des cursus menant le plus fréquemment à l'emploi. Les cursus en sciences et technologies affichent ainsi un taux d'insertion de l'ordre de 98 %. Les mathématiciens jouissent d'une rémunération brute frôlant les 33 800 euros. Ils sont suivis des informaticiens, avec un taux d'emploi de l'ordre de 90 % et une rémunération annuelle brute de 32 900 euros. Les sciences de l'univers et la biologie sont les domaines les moins "gagnants" : leurs taux d'insertion sont de 85 % et 87 %, avec un salaire de 27 500 euros bruts annuels.