D’après le Figaro, le ministère de l’enseignement supérieur a demandé aux universités parisiennes d’accepter plus d’étudiants qu’elles en ont les capacités pour libérer les files d’attente.

Le 23 juillet 2018, à seulement quelques semaines de la rentrée universitaire, 18 300 lycéens attendaient encore de recevoir une proposition sur Parcoursup pour entrer dans l’enseignement supérieur. Entre stress, mécontentement et ras-le-bol, pour ces candidats inscrits sur la plateforme d’admission depuis janvier, l’incertitude règne. 

Face à la montée des tensions, le ministère de l’enseignement supérieur a demandé aux universités parisiennes de continuer à faire des propositions à ces lycéens même si elles n’ont plus de places disponibles. Un surbooking qui n’est pas du goût des chefs d’établissement.

Un surbooking légèrement avancé

Pourtant, cette pratique n’est pas nouvelle. « Nous avons demandé aux établissements parisiens de faire, dès maintenant, le surbooking qu’ils font habituellement à la rentrée », tente d’expliquer le ministère au Figaro. Un surbooking à hauteur de 10 % qui correspond au pourcentage d’étudiants qui abandonnent leur formation chaque année dès le mois de septembre. Habituellement, ces places vacantes sont ensuite aussitôt réaffectées à d’autres étudiants.

Ainsi, à l’université Paris-Descartes, 400 candidats supplémentaires ont reçu une proposition d’admission « dans des filières où nous étions presque certains qu’il y aurait une évaporation des candidats », estime Frédérique Dardel, président de l’université, aux journalistes du Figaro. D’après lui, le surbooking s’élève donc à 100 étudiants. 

Des places supplémentaires contre des moyens financiers

Mais avec près de 30 000 bacheliers supplémentaires en 2018 et presque autant de places créées dans les universités par le ministère, les établissements ont tout de même du mal à faire face à l’arrivée de ces nouveaux étudiants. « Le risque c’est qu’aujourd’hui on arrive au fait que l’enseignement supérieur soit complètement plein. Nos universités sont largement pleines avec des financements qui n’ont pas augmenté à la hauteur. L’an dernier, on avait 1 000 € de plus par étudiant. Or un étudiant c’est 8 000 ou 9 000 € par an », s’indigne Gilles Roussel, président de la conférence des présidents d’université, sur France Inter.

Même en promettant d’allouer un budget supplémentaire aux universités si les places en surbooking sont bien pourvues à la rentrée, le ministère n’arrive pas à convaincre les chefs d’établissement qui jugent la mesure insuffisante et inadéquate. « Le problème ce n’est pas qu’on ne veut pas d’étudiants, c’est qu’on ne sait pas où les mettre », avoue Guillaume Leyte, président de Paris 2 Panthéon-Assas, au Figaro. Même remarque de la part du président de Paris-Descartes : « Ce ne sont pas des moyens financiers supplémentaires dont nous aurons besoin mais de mètres carrés supplémentaires. » 

Une chose est sûre, les bacheliers vont devoir s’armer de patience et rester connectés à Parcoursup pendant les vacances s’ils veulent à tout prix décrocher une place dans l’enseignement supérieur.