Parents d’élèves, lycéens, étudiants, enseignants… Sept syndicats ont décidé de saisir le Défenseur des droits « pour obtenir la transparence de la procédure Parcoursup ».

Plusieurs mois déjà qu’ils réclament la publication des algorithmes de la nouvelle plateforme d’inscription à l’enseignement supérieur. Mardi 17 juillet, sept syndicats ont annoncé la saisie du Défenseur de droits, une institution indépendante chargée de veiller à l’égalité de tous envers l’accès aux droits. Une intervention qui fait suite à l’instauration de Parcoursup, un système qui a ses limites d’après le communiqué des syndicats.

Plus de 70 000 lycéens sans affectation

En effet, selon les chiffres du ministère, plus de 70 200 lycéens sont toujours en attente de proposition sur Parcoursup. Depuis le 22 mai, les élèves de terminale peuvent chaque jour consulter l’avancée de leur candidature en fonction de leurs vœux et des réponses des établissements. Mise à part l’adéquation entre les compétences attendues, le nombre de places dans chaque formation et le dossier des inscrits (notes, motivation, avis des professeurs), impossible de savoir exactement comment les écoles ont sélectionné leurs futurs étudiants.

D’après les syndicats, elles « ont eu recours à des algorithmes locaux » ce qui a « eu un impact plus que déterminant sur la possibilité des jeunes de pouvoir étudier dans la filière de leur choix ». Notamment auprès des jeunes d’origine modeste, des bacheliers technologiques, professionnels et des élèves boursiers. Des témoignages qui « démontrent l’existence de procédures discriminatoires pour l’accès à l’enseignement supérieur ».

La faute au gouvernement

Ainsi, pour les syndicats, la saisie du Défenseur des droits est indispensable face au silence du gouvernement qui « refuse de transmettre les critères de sélection utilisés par les établissements universitaires » et ce « malgré les demandes répétées de la communauté éducative ». 

En plus de la transparence, les syndicats regrettent aussi « l’absence de volonté » du gouvernement pour augmenter les capacités d’accueil des universités. Pourtant, Frédérique Vidal a déjà annoncé que près de 30 000 places supplémentaires ont été et seront financées pour la rentrée. Insuffisant pour les syndicats qui estiment que des « centaines de milliers de places » sont nécessaires. 

Pour l’instant, seul le code de la plateforme a été publié par le gouvernement. Un code qui donne quelques indications sur les facteurs et les quotas pris en compte par les établissements pour sélectionner leurs étudiants.