Sur les salons étudiants, un simple mouvement du poignet permet désormais de passer d’un stand à l’autre. Nous ne sommes pas sur un salon physique classique, comme on en trouve fréquemment dans les grandes villes, mais bien sur internet, au sein d’un salon virtuel. 

Salons accessibles au plus grand nombre

Mardi 25 septembre 2018. Pour son tout premier salon virtuel, le site monsalonetudiant.com a choisi la thématique « écoles de commerce ». Aujourd’hui, trois écoles ont loué un stand virtuel, ainsi que plusieurs partenaires de vie étudiante, mutuelles ou organisateurs de séjours linguistiques. 

« Via les nouvelles technologies, on peut offrir une équité aux jeunes », se réjouit Yves Perret, directeur du groupe Adiona, à l’origine du projet. « On s’est rendus compte qu’un problème de société était l’orientation des jeunes », explique-t-il. Or, « les salons sont dans les grandes villes, et l’accès à l’information n’est pas équitable ». 

Délocaliser un salon étudiant sur internet est donc une façon de le rendre accessible à tous, étudiants comme exposants. Mais pas seulement. Le côté virtuel limite les contraintes : « L’étudiant n’a plus besoin d’attendre, il peut ne rester qu’une ou deux heures s’il le souhaite. » Mais qu’y trouve-t-il ? « Sur un stand virtuel, il pourra télécharger des brochures, voir des vidéos, échanger avec des conseillers », énumère Yves Perret. 

Visiteurs plus motivés

Pour les exposants, le stand virtuel offre aussi ses avantages. « J’ai tendance à croire que le contacts seront plus qualitatifs », espère Yann Moreau, de la South Champagne Business School (SCBS). Mardi, l’école de commerce de Troyes vivait sa première participation à un salon étudiant virtuel. 

A travers le terme de « contact », ce que recherche ce responsable du développement commercial, ce sont des étudiants réellement intéressés par son école, et les formations qu'elle propose. « Sur des salons classiques, les jeunes arrivent nombreux en bus et n’ont forcément tous envie d’être là », a-t-il déjà constaté. En ligne, il s’attend donc à « un flux plus bas, mais avec des contacts plus sérieux ». 

Au total, SCBS a dépêché une dizaine de personnes sur l’événement, dont 6 conseillers destinés à répondre aux sollicitations via Skype, téléphone ou le chat de la plateforme. Des interactions numériques qui ne vaudront peut être pas du face à face et des rencontres en conditions réelles. Car ce premier salon virtuel est « un test qui [leur] permettra de faire un choix l’an prochain entre virtuel et physique », reconnaît Yann Moreau. 

© Capture d'écran / monsalonetudiant.com © Capture d'écran / monsalonetudiant.com

Démarrages timides

Selon les organisateurs, 1 200 jeunes étaient inscrits au salon « écoles de commerce » du 25 septembre, et 350 se sont connectés le jour J. Un bon « taux de transformation », d’autant plus que 200 autres n’ont pu se connecter en raison d’un bug informatique, rapidement résolu depuis, mais qui ne cache toutefois pas « une déception ». En moyenne, chaque exposant a reçu 80 visites, et « environ 2 200 messages » ont été échangés sur le tchat. 

Les objectifs de monsalonetudiant.com restent tout de même ambitieux. Pour les événements à venir (29 salons supplémentaires en 2018-2019), ils espèrent atteindre 10 000 inscrits et 5 000 visiteurs

Même s’ils n’en sont qu’à leurs débuts, les salons étudiants virtuels ressemblent donc bel et bien à une alternative sérieuse. Il restera toutefois difficile de concurrencer les mastodontes des parcs d’expositions. Entre septembre 2018 et mars 2019, plus d’une centaine de salons physiques se tiendront dans toute la France.