Huit jeunes sur dix se disent satisfaits de leur vie étudiante mais 60 % d’entre eux se sont déjà sentis dépassés voire submergés par leur quotidien. Un mal-être qui a de nombreuses répercussions sur leur santé.

Comme chaque année, la Smerep fait le point sur la santé des jeunes. Dans son enquête*, la mutuelle étudiante aborde différents thèmes tels que les consultations médicales, la sexualité, la nutrition, le sommeil, la consommation d’alcool ou l’utilisation du téléphone portable. 

Cette grande enquête permet d’avoir une vision globale du bien-être des étudiants et de leurs difficultés. Car même si 85 % d’entre eux s’estiment en bonne voire excellente santé, leur qualité de vie est loin d’être irréprochable. En cause : les difficultés financières des jeunes qui ont de lourdes répercussions sur leur qualité de vie.

Job étudiant : un stress supplémentaire

Avec un budget mensuel de 382 € par mois en moyenne, 52 % des étudiants avouent avoir déjà rencontré des difficultés financières. Des conditions de vie parfois compliquées qui poussent près d’un étudiant sur deux à travailler en plus de leurs études.

Résultat : ils sont très stressés. Neuf jeunes sur dix connaissent une période d’anxiété au moins une fois par an. Si le plus souvent cette pression est due aux examens, à leurs études ou à leur orientation, les problèmes financiers participent aussi au stress des étudiants. Un jeune sur cinq avoue être constamment angoissé pour cette raison.

D’ailleurs, cumuler travail et études ne semble par mettre les étudiants à l’abri du stress. Les difficultés financières sont une source d’angoisse pour 68 % d’entre eux contre 53 % pour les non-travailleurs. Les étudiantes seraient aussi davantage impactées que les hommes (23 % contre 14 %).

22 % des étudiants ont déjà eu des pensées suicidaires

Or, cette inquiétude entraîne aussi une mauvaise qualité de vie, comme une fatigue de plus en plus fréquente. Près de six étudiants sur dix ont des problèmes de sommeil, notamment des difficultés à s’endormir. Un effet néfaste qui s’accentue avec l’utilisation du téléphone portable. Un jeune sur quatre passe plus de six heures par jour sur son smartphone, ce qui a des conséquences sur la concentration mais aussi sur la qualité du sommeil. 


Plus alarmant, ce stress, lié à la fatigue, amène un quart des jeunes à avoir des pensées suicidaires. Là encore, les femmes se déclarent plus fragiles que les hommes (27 % contre 14 %). Trois quarts d’entre elles estiment d’ailleurs s’être déjà senties submergées par leur quotidien, contre seulement 42 % des hommes.

Le sport, premier remède contre le stress

Pour décompresser, les étudiants utilisent différents stratagèmes, notamment le sport. Près de deux jeunes sur cinq pratiquent une activité pour diminuer leurs angoisses et 64 % en font au moins une fois par semaine. Cette hygiène de vie plutôt satisfaisante est également liée à une bonne alimentation de la part d’un étudiant sur deux. 

Néanmoins, le stress n’empêche pas certains jeunes de grignoter (23 %) ou de sauter des repas pour économiser (19 %). D’autres ont des comportements encore plus nocifs vis-à-vis de leur santé comme la consommation d’alcool : 9 % des jeunes boivent de l’alcool pour se détendre. Cet effet est d’ailleurs recherché par plus d’un jeune sur deux lorsqu’il consomme de l’alcool. Un comportement qui est davantage récurent chez les femmes (62 % contre 46 % chez les hommes). A cela s’ajoute la consommation de cigarette (13 %), de médicaments (6 %), de cannabis (3 %) ou d’anxiolytiques (3 %). 

Des consultations médicales quasi-systématiques 

En revanche, les jeunes attachent tout de même une attention particulière à leur état de santé en cas de besoin. Lorsqu’ils sont malades, 85 % des étudiants vont consulter un médecin. Et ce, malgré un manque de moyens financiers car la santé n’occupe que 3 % de leur budget mensuel. 

Dans la plupart des cas, ceux qui ne vont pas chez le médecin préfèrent attendre que ça passe ou pratiquer l’automédication. Ils sont tout de même 16 % à estimer que les consultations coûtent trop cher. Deux tiers des jeunes demandent ainsi de l’aide à leurs parents pour bénéficier de soins médicaux.

*D’après une étude de la Smerep, publiée le 28 juin 2018 et réalisée par Opinionway du 19 avril au 21 mai 2018, sur un échantillon de 1 001 étudiants de France âgés de 16 ans et plus.