Le numérique ne connaît pas la crise ! Mieux : il continue d'embaucher, et ce sera encore le cas à l'horizon 2018, selon le rapport Contrat d'études prospectives. Mais il faudra pour cela que les spécialistes déjà en poste s'adaptent, tout comme les formations !

C'est un rapport copieux que le "Contrat d'études prospectives" ! Réalisé entre février et juin, avec l'aide des partenaires sociaux de la branche Syntec numérique - Cinov IT, il présente - sur 189 pages - les métiers du numérique existants, et ceux qui auront un besoin exponentiel de main d'œuvre d'ici à 2018. Monteur câbleur en réseaux et télécoms, technicien domotique, animateur de jeux vidéo, développeur d'applications mobiles, data scientist,... autant de professions variées et vouées à se développer ! Et si les besoins en effectifs seront moins "explosifs" que ces dernières années, ils seront tout de même créateurs de l'ordre de 36 700 emplois à l'horizon 2018 !

Base technique et profils de communicants

Pour rester dans la course et faire la différence, il faudra aux jeunes générations des "profils pluridisciplinaires disposant de bonnes bases techniques, mais aussi d'une capacité à communiquer et à piloter des projets avec une bonne compréhension des métiers concernés", préconise le document. Il leur faudra en effet avoir des "compétences couplées de téléphonie/informatique et vidéo", ainsi qu'une bonne maîtrise de l'anglais.

Les spécialistes de la sécurisation des données, les chefs de projets expérimentés, les architectes capables de maîtriser la complexité grandissante des réseaux seront notamment particulièrement recherchés par les entreprises.

De nouvelles perspectives et des secteurs en développement

Dans le même temps, certains secteurs s'apprêtent à monter en puissance, comme le cloud ou le big data. L'étude évoque en effet un "développement des applications big data permettant d'exploiter l'information collectée au travers des transactions utilisateurs et développement de l'informatique décisionnelle". Le rapport parie également sur le "développement de la mobilité des applications entre terminaux (tablettes, smartphones...) et développement des applications spécifiques pour la mobilité (paiement sans contact, géolocalisation...)".

En outre, des secteurs devraient être boostés, comme ceux du jeu vidéo et l'e-commerce. Les premiers vont connaître un "renouvellement du hardware avec l'arrivée imminente de la prochaine génération de consoles de jeu beaucoup plus puissantes et dotées de fonctionnalités inédites". Concernant les seconds, ils devraient notamment se développer grâce au "cross-canal (mise en place de showrooms physiques présentant les produits disponibles en ligne), de manière à attirer la clientèle encore méfiante vis-à-vis des achats en ligne".

Des formations à dynamiser

L'étude réalise en conclusion un état des lieux de la formation, qui permettra ou non de pourvoir cette manne de postes. Ainsi, selon le document, la qualité des formations dispensées par les écoles d'ingénieurs et les universités permettront de répondre aux besoins des entreprises en  numérique "dur" comme l'architecture réseaux, programmation et développements, base de données...

En revanche, les formations sont un peu faibles du côté des métiers émergents comme le community management, par exemple, même si de plus en plus de cursus pour devenir community manager commencent à voir le jour.

Formation initiale, mais également continue

Outre un manque de formations, un manque de diplômés est constaté... "Les écoles d'ingénieurs et universités risquent à moyen terme de ne pas pouvoir fournir les effectifs suffisants de "cerveaux" capables de comprendre et maîtriser des ensembles technologiques de plus en plus complexes et interdépendants", souligne en effet le document. L'enjeu est donc de séduire les lycéens, afin qu'ils s'orientent vers ces filières...

Les objectifs étant de "prévenir l'éventualité d'un manque de candidats diplômés", il faudra pour cela accompagner "les structures de formation initiale dans leurs efforts en cours d'adaptation qualitative et quantitative aux besoins du secteur numérique". Mais la formation continue est également envisagée, avec une incitation des "structures de formation initiale à développer leur activité en formation continue et faciliter l'accès à ces cursus aux salariés en poste, de niveau bac+4 à bac+5", conclut le rapport.