Depuis maintenant plusieurs années, les entreprises industrielles développent l'alternance. Un excellent moyen pour les jeunes optant pour cette formule de s'assurer un emploi à la suite de leur formation.

L'industrie française retrouve des couleurs. Depuis 2014, une reprise d'activité rassure le secteur, notamment dans l'aéronautique, le médical, et l'automobile. Un regain qui permet à l'industrie française d'embaucher. La dernière enquête Besoin en main-d'œuvre (BMO), réalisée chaque année par Pôle emploi annonce ainsi 136 950 recrutements déclarés dans le secteur en 2014.

Parmi ceux-ci, 13 972 ont été effectués dans la métallurgie et les produits métalliques, 12 198 dans l'équipement électrique, électronique, informatique et les machines et 12 603 dans la catégorie « autres industries manufacturières ». De quoi donner un nouveau souffle aux métiers de l'industrie.

Des alternants de plus en plus nombreux

Les chefs d'entreprises du secteur recherchent de plus en plus d'apprentis. « Chaque année, il y a des départs à la retraite, les entreprises industrielles continuent donc de recruter un nombre croissant de jeunes, notamment en contrat d'apprentissage », témoigne Gilles Lodolo, directeur Emploi et formation de l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM).

Un point de vue partagé par Morgan Bernaert, ingénieur production et responsable technique chez Akanis Technologies, société de fabrication et de vente de machines de loterie : « Actuellement, nous travaillons avec des personnes qui sont proches de la soixantaine et donc presque en fin de carrière. Notre objectif est de renouveler le personnel de l'entreprise et de transmettre un savoir-faire. Les anciens vont former les jeunes que nous garderons ensuite. L'apprentissage se fait, la plupart du temps, dans cette optique », commente-t-il.

L'alternance à tous les niveaux

Et pour cause, l'industrie est le deuxième secteur qui emploie le plus d'apprentis, avec 14 % de contrats signés chaque année. Une aubaine pour les jeunes attirés par ces métiers. En 2013, l'apprentissage était en hausse de 10 % dans le domaine de la plasturgie.

« Cette formule est un atout de taille pour les jeunes comme pour les entreprises, explique Florence Poivey, présidente de la Fédération de la plasturgie et des composites. Les débouchés et le taux d'insertion dans notre secteur sont très bons. L'apprentissage est une voie royale pour entrer sur le marché de l'emploi », ajoute-t-elle.

D'autant que dans les différents domaines de l'industrie, il existe des formations à tous les niveaux pour intégrer le secteur. CAP, bac professionnel, BTS, DUT, licences professionnelles ou masters en écoles d'ingénieurs : de nombreux cursus sont envisageables.

Les entreprises plébiscitent cette formule

Pour un nombre croissant d'entreprises, l'alternance est devenue une bonne solution de recrutement. Morgan Bernaert explique : « Selon la formation choisie, les jeunes acquièrent des compétences différentes. Certaines sociétés ont une idée précise du niveau de formation qu'elles souhaitent pour leurs apprentis. Nous n'avons pas de profil type. Nous recherchons une personnalité, quelqu'un que l'on sent motivé, prêt à s'investir et à apprendre sur le tas », détaille-t-il.

Des qualités que doivent développer les alternants dès leur arrivée en entreprise et qui leur permettront, la plupart du temps, d'être embauchés à la suite de leur formation. 80 % des diplômés en alternance parviennent à trouver un emploi six mois après la fin de leur formation, selon une étude menée par l'Union des industries et métiers de la métallurgie en 2013, des chiffres très encourageants.

Seul bémol pour le moment, le faible intérêt des filles pour les métiers liés à l'industrie. « Dans notre branche, malheureusement, il n'y a que très peu de femmes : 6 % seulement en contrat d'apprentissage et 1/3 en contrat de professionnalisation. L'un de nos principaux objectifs est d'augmenter ces chiffres à l'horizon 2020 », conclut Gilles Lodolo.