Une étude IFOP réalisée pour l'Association Réussir Aujourd'hui et ses partenaires* a interrogé des lycéens de "zones sensibles" sur leurs études et leurs aspirations professionnelles.

Etudes, orientation, aspirations personnelles et professionnelles : les élèves des lycées situés en ZUS (Zones Urbaines Sensibles) ont-ils les mêmes aspirations que les "autres" lycéens ? Elles se révèlent souvent identiques, selon une étude IFOP réalisée pour l'association Réussir Aujourd'hui et ses partenaires, à  l'occasion du colloque "Les études d'excellence un droit pour tous", qui s'est tenu le 11 octobre à Paris.

Des lycéens satisfaits de leur situation scolaire

Voici une nouvelle plutôt encourageante : les lycéens, qu'ils soient scolarisés en ZUS ou ailleurs, sont tous majoritairement satisfaits de leur situation scolaire. 85 % des lycéens inscrits en ZUS se déclarent ainsi satisfaits, et ils sont 84 % des lycéens "en population générale". Un optimisme identique est affiché dans la perspective d'obtenir le baccalauréat : 67 % des lycéens se déclarent confiants et ils sont même 76 % chez ceux inscrits en ZUS.

De la même façon, ils se déclarent tous majoritairement bien aidés et soutenus dans leur parcours scolaire par leur entourage (81 % des lycéens "généraux", et 85 % de ceux inscrits en ZUS). Ce soutien vient néanmoins un peu plus souvent des parents pour les lycéens en population générale (80 % contre 77 % des élèves inscrits en ZUS), et plus souvent des frères et sœurs pour les lycéens inscrits en ZUS (48 % contre 32 % des lycéens "généraux").

Les lycéens inscrits en ZUS privilégient les études supérieures courtes

Mener des études supérieures est une évidence pour tous les lycéens, remarquent les auteurs du sondage. Ils sont en effet 92 % des lycéens, dans la population globale, à déclarer envisager d'effectuer des études supérieures après le lycée, et 93 % des lycéens inscrits en ZUS.

Le choix des cursus envisagés diffère néanmoins selon le lieu d'études des élèves. Les lycéens en population générale sont ainsi plus nombreux à souhaiter poursuivre vers une filière sélective de type grande école (33 % contre 21 % des élèves inscrits en ZUS), tandis que les lycéens inscrits en ZUS privilégient les cursus professionalisants courts, type BTS/DUT (36 % contre 24 % des lycéens en population générale).

Etudes supérieures longues : les lycéens de ZUS ont moins confiance

Interrogés sur les freins à l'accès aux études supérieures longues, et tout particulièrement aux grandes écoles, les lycéens ont tous d'abord évoqué le manque de confiance en soi, puis le manque de moyens financiers, la longueur et la difficulté supposées du cursus.

Le taux de réponse varie néanmoins selon le type de lycéens : 42 % de ceux en population générale ont cité le manque de confiance en soi, contre 47 % de ceux inscrits en ZUS. 39 % de ceux en population générale ont cité le manque de moyens financiers contre 29 % de ceux inscrits en ZUS. 

A noter enfin que réussir sa vie signifie d'abord, pour l'ensemble des lycéens, de "faire une belle carrière professionnelle (52 % des lycéens "généraux" contre 56 % de ceux inscrits en ZUS). Néanmoins, les lycéens en population générale sont plus nombreux à évoquer également le fait d'"avoir de vrais amis" (41% contre 29% de ceux inscrits en ZUS), tandis que les lycéens inscrits en ZUS citent davantage le fait d'"avoir de l'argent" (35% contre 27% des lycéens "généraux").

R. P., Orientations